Mexique – Zihuatanejo et Mexico

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Bon, c’est bientôt fini…

Le petit déjeuner sera servi d’ici 40 minutes, le temps d’enfiler le tout et de checker le sac et je serai sur le chemin de l’aéroport ; direction Toronto, escale d’une heure et demie, puis retour sur Paris prévu vers 10h je crois…

En espérant ne pas être emmerdé par la neige ^^

Bon, ces derniers jours, c’était un peu l’usine !

Je suis passé par Morelia, une journée, une nuit. Très prétentieuse, cette petite ville. J’ai pas aimé… Zéro touriste à l’horizon – Morelia n’est pas vraiment un doss à figurer dans les guides de voyages traditionnels – je me retrouve seul à l’hostel ! Pas seul dans la piaule, seul dans tout le bâtiment ^^

Bref ! Journée à glander dans les rues, en espérant trouver un truc digne d’intérêt… en vain :(

Pour bien faire, je pense, il fait sortir de la ville et voir si on peut aller se balader dans les montagnes alentours. Mais dans le temps qui m’est imparti, c’est Madame est servie… heu… Mission Impossible !!! (Je me trompe de série ^^)

Alors pourquoi venir ici, si c’est pour ne rien faire ?! La réponse se trouve plus au sud, sur la côte pacifique…

Mon séjour au Mexique a été décidé à l’arrache, je pense l’avoir précisé dans mon premier post.

Le truc c’est que, en prenant mes billets, j’avais zappé qu’il y avait au Mexique, un item de ma ‘bucket list’ à rayer…

Zihuatanejo !

Ça ne parle pas forcément à tout le monde, mais cette ville est citée dans le cultissime film Les Évadés – Rita Hayworth and the Shawshank Redemption (pour les puristes).

Pas de spoilers ici – on ne sait jamais, si quelqu’un qui n’avait pas vu le film (quel outrage !!!) tombait par hasard sur ce post… – mais le bled mexicain y est décrit comme le paradis sur Terre, symbole de liberté.

J’avais une quinzaine de piges quand j’ai vu le film et depuis, certaines répliques sont restées (et resteront à jamais) gravées dans ma mémoire.

Avec mes voyages, j’ai réussi à réaliser plusieurs de mes petits rêves, de gosse, d’ado, d’adulte alors, en allant au Mexique – pays qui, au demeurant, ne m’inspire pas plus que ça – j’étais bien parti pour en réaliser un de plus.

Mais quelle tanée !
Parce que Zihuatanejo, c’est loin. Loin de tout. Et donc très peu accessible pour les backpackers…

Aucune ligne directe, il faut passer par Morelia (l’inutile, ai-je envie d’ajouter) et se taper 5 heures de bus.

Arrivé sur place, c’est la déception.
C’est un bordel sans nom, comme toutes les petites villes de bord de mer, c’est sale, pollué, blindé.
On respire mal, on circule mal (même à pieds ^^) et le soleil tape fort – il est midi quand le bus nous lâche au terminal – alors que je suis habillé pour l’hiver, le départ à 5h du mat de Morelia était des plus frisquets !

Et tout ça, ça pourrait passer.
C’est un peu ce que je recherche, en sortant des sentiers battus.
Mais alors, Zihuatanejo, c’est plombé de resorts hors de prix et donc, de vieux touristes blindés de fric qui transpirent le McDo et la poutine…

Et, si je m’attendais à ça de Cancún, je ne me doutais pas que Zihua, perdue dans le Guerrero – et beaucoup moins connue que sa voisine Acapulco – soit aussi « fréquentée »…

Apparemment, les problèmes de délinquance sur Acapulco ont fini par faire fuir une partie des touristes, qui s’est déplacée vers Zihuatanejo. Pas de bol…

Mon programme ne laissant que très peu de place à la déception, j’ai tracé direct sur les hauteurs, jusqu’à tomber sur un grillage interdisant l’accès au sommet, privatisé par un resort… Super !

Énervé plus que frustré, je suis aller déjeuner et j’ai dû aller me rafraîchir à l’hôtel. Il faisait vraiment trop chaud ! Pétard, on cuisait littéralement sur place, c’était ouf !

En fin d’après-midi, le gros du cagnard étant passé, j’ai pu aller explorer les plages du coin.

Marcher sur le sable, en longeant le Pacifique, je me sentais comme Red, allant rejoindre Andy, pour commencer sa deuxième vie…

Alors, bien sûr, les puristes me diront que la plage qu’on apercoit dans le film n’est pas celle de Zihua. On est d’accord, mais c’est une question de principe, pas de logique !

Quel kiff ! Enfin presque ^^
Parce que, arrivé sur la Playa Ropa, c’est l’invasion. Des touristes ! Des touristes partout !!! Et alors tu fais pas 3 mètres sans tomber sur la terrasse d’un bar de plage… Un bordel, un souk, une convention des hautes sphères de la filsdeputerie, mon pire cauchemar !

J’ai fait 10 pas, pris une toph et j’ai fait demi-tour. Ça m’est rarement arrivé de renoncer, mais sérieusement, ce genre d’endroit me donne, au mieux, la nausée ; au pire, des envies de meurtre… Ou l’inverse d’ailleurs ^^

Soirée à chiller au frais des 25 degrés de mon climatiseur et nuit agitée par la chaleur persistante de Zihua.

Le lendemain, levé tôt, j’avais un bus à 10h, pour mon retour à Mexico. Départ à 8:30, histoire de profiter de la « fraîcheur » de la matinée en marchant jusqu’au terminal.

Mon plan tombe à l’eau, comme un iPhone 5S dans la baie de Phang Nga, car je rencontre le patron de l’hôtel à la réception.

Christian, 56 ans, s’avère être français – originaire d’Alsace (j’ai pas osé lui faire remarquer que c’était l’Allemagne lol) et expatrié au Mexique depuis 36 ans (wow !)

Alors, trop content de pouvoir discuter un peu dans sa langue d’origine, il me propose de me déposer au terminal, en emmenant son fils à l’école. Cool !

Le mec est sympa. Parti de France pour rejoindre un ami à Zihuatanejo à l’âge de 20 ans, sans un sou en poche.
Le mec n’est jamais rentré en France – pas même pour présenter ses enfants à ses frère et soeur. Dingue !

Mais je peux comprendre. Tu fais ta vie ici, t’as plus vécu à l’étranger que dans ton pays d’origine, j’ai tendance à croire que ça dénaturalise d’office.

Il m’a posé trop de questions, combien je paie le billet d’avion maintenant, où j’habite (ses notions de géographie française sont mises à rude épreuve ^^) etc.

Quand je lui que j’ai pris le TGV pour aller à l’aéroport, il m’a dit qu’il n’y en avait pas quand il est parti ^^
Bien fort comme anecdote :)

Après ça, bah 9 heures de bus. Plutôt pépères, jusqu’à l’arrivée sur la capitale.
Un bordel sur le périphérique, genre 45 minutes pour faire 100 mètres… Envie de se flinguer à chaque fois que ce putain de bus pile !!!

Et puis c’est le drame…

Arrivé au terminal, je vais pour toper le métro et là, c’est l’hallu !

Je n’ai jamais vu autant de monde sur un quai se toute ma vie !!!
Tokyo à l’heure de pointe, à côté, c’est le plateau des Chiffres et des Lettres.

Sérieusement, c’est dingue ! On ne peut pas faire un pas, c’est blin-dé !!!

Alors, il est 19h et je sens que je vais devoir attendre le 5ème métro pour arriver à rentrer dans une rame…

Mais non, le métro arrive, les portes s’ouvrent et c’est la cohue – un pot de Nutella à 1,40€ doit être caché dans la rame tellement les mecs se battent pour entrer et s’asseoir ! C’est ouf, y’a plus aucun respect.

L’égalité femme-homme on la prend dans la gueule ici, osef femmes enceintes, les enfants, les invalides, la convention de Genève, les droits de l’homme etc.

C’est l’orgie, y’a pas d’autre mot. Tu ajoutes un filtre instagram et un morceau de classique et c’est bon pour passer sur HBO !

Et alors, je ne sais pas comment, je me suis retrouvé dans la rame, poussé par la vague de clandos qui s’aglutinait devant les portes automatiques du wagon rouge sang (y’en à forcément un qui a du laisser quelques échantillons d’hémoglobine sur le doss, depuis le temps !).

Me voilà donc parti… Enfin non, pas vraiment… On reste en gare un bon quart d’heure avant de démarrer – au Mexique, mieux vaut ne pas être pressé… – Et puis on part…

… Pour s’arrêter à mi-chemin de la station suivante. Encore 10 minutes à poireauter dans une chaleur aussi insupportable que les effluves de sueur – l’un dans l’autre tout est lié – et que la respiration nauséabonde du mec d’à côté (qui s’est sûrement brossé les dents… une fois dans sa vie… mais pas cette semaine, ça c’est sûr !)

Et rebelotte à chaque station !
Une heure et demie pour remonter la moitié de la ligne !!! Pétard je pétais un câble !!!

D’autant qu’en plus, j’étais en kway – j’avais peur de prendre froid en arrivant sur Mexico, j’ai donc enfilé mon coupe-vent par dessus mon tee-shirt.

Un sauna ! Y’a pas d’autre mot.
Quatre-vingt dix minutes à sentir des gouttes de sueur me caresser la colonne vertébrale… L’horreur !

M’enfin, arrivé à ma station, je suis sorti, j’ai topé mon hostel, déposer mes affaires et je suis aller miamer au Pirates Burger en bas de la rue, éreinté et affamé !

Nuit pépère, réveil matinal, petit déjeuner et ces quelques mots avant de partir pour l’aéroport.

Je prends de l’avance car je m’y rends en métro… En espérant que ça ne soit pas me même bordel. Croisons les doigts !