Guatemala – Bilan

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OK, c’est l’heure du bilan !

Je suis au repos depuis 2 jours sur Guate et ça fait du bien.

Il a même plu, en fin de journée, les 2 jours, quel bonheur ^^

Ça fait bizarre de dire ça, hein, j’imagine bien que ce n’est pas le carnet de voyage type, mais franchement, après le cagnard de folie du début de semaine, ça fait un bien fou !

(T’imagines pas le délire de ouf, de pouvoir s’enrouler dans la couette sans transpirer comme un cochon ^^)

M’enfin, on va pas se plaindre, on est en vacances – pour encore quelques heures – il fait beau, frais (je commence ce post à 10h ^^), on est pas au taf, on est loin de l’ambiance post-électorale où tout le monde en a plein de derrière et encore plus loin des polémiques cathodiques où tu réalises que rien ne change dans ce monde, on continue d’emmerder les gens à cause de leur couleur de peau, leur religion, leur genre ou leur orientation sexuelle…

Je plombe l’ambiance avec mon intro, mais j’suis vénère à chaque fois que j’allume Twitter.

Et pas que, d’ailleurs, parce que bon, même le Lonely Planet est obligé d’avoir sa rubrique « LGBT Travellers »…

Le jour où on redeviendra tous des êtres humains, sérieux, on aura ptet la paix… Il faut vraiment que je termine d’écrire mes p***** d’histoires – tu peux pas encore voir le rapport mais bon, ça viendra ^^

Ça doit être pour ça que j’aime autant Sense8, avec ce petit cercle d’individus qui ont tous l’air de s’en balek de toutes ces conneries…

Bref ! Guatemala, faut-il y aller ? Développez, vous avez 3 heures !

(On rigole, on rigole, mais 3 heures, c’est ptet le temps qu’il te faut pour digérer mes tartines ^^)

Alors, un minimum de contexte déjà – pour ceux qui se seraient perdus ou ceux qui auraient la mémoire courte : je suis parti à l’arrache (encore une fois) en sautant sur un billet pas cher et avec un objectif de pince, celui de passer 3 semaines de paluche pour 1000€, pas plus !

J’ai réussi à taper le Costa Rica avec la même enveloppe – à la différence près que j’ai dû me faire à miam et zapper 2-3 petits dej pour être pépère ^^

La bonne nouvelle, avec le Guatemala, c’est que c’est vraiment pas cher !

Alors, il ne faut pas que ce soit le seul argument qui justifie le voyage, hein, mais ça joue forcément, si t’as un budget serré – et oui, je suis conscient de ne pas avoir un budget serré ^^

Côté budget, donc, t’en es presque à laisser du pourliche à droite à gauche. Ça t’enlève une belle épine du pied, de pas avoir à compter tes sous à chaque fois que tu sors le porte-monnaie :)

Côté temps, écoute, c’était le top !

Je croyais arriver en début de saison des pluies (avoir moins de soleil, mais aussi moins de touristes) et j’ai été agréablement surpris.

Comme tu as pu le lire, le beau temps était de la partie, même si c’était assez couvert par endroits – mais tu prends des couleurs, crois-moi ;)

De bonnes averses – que dis-je, de vrais déluges oui, maillot de bain obligatoire ^^ – par moment, de quoi rafraîchir l’atmosphère qui peut très vite être étouffante.

Et pour étouffer, tu étouffes !

C’est l’un des points noirs du Guatemala : la pollution !

A tous les niveaux : environnementale, auditive, olfactive, pulmonaire et j’en passe…

Les déchets, déjà. Y’en a partout. Partout !

C’est triste, parce qu’on y peut pas grand chose. Les gens sont juste mal (pas ?) éduqués. Alors ça jette n’importe quoi, n’importe quand, n’importe comment, n’importe où et sans remords…

Le souci, c’est que j’ai pas l’impression qu’ils ignorent l’alternative écologique – qui peut encore l’ignorer ?! – j’ai juste l’impression qu’ils nous la jouent à la Trump (j’ai l’impression qu’il y a une grosse influence US – pour ne pas dire un lobby lol – qui plane sur le pays), genre on s’en tape, tout ça n’est qu’un complot chinois etc.

Juste une remarque, pour étayer ma théorie : rien n’est fait pour accompagner le changement. C’est comme dans d’autres pays d’Amérique latine, y’a de poubelles nulle part, ni dans les rues, ni aux stations de bus, pas même dans les parcs etc. Seules les attractions touristiques en sont pourvues – comme si le facteur polluant, c’était nous…

Alors, forcément, ça pue. Par endroits, notamment sur les marchés, t’es pas loin d’avoir la nausée…

Une odeur, mec, le genre de truc qui imprègne tes vêtements et qui te pique la gorge…

Enfin… Le peu qu’il te reste de gorge, après ton bain de gasoil quotidien !

Les voitures, les motos, les vieux chicken bus, tout ce qui a des roues ici, laisse un brouillard noir derrière lui – sérieux, même les mecs en fauteuil roulant passent la secondes en expirant leur fumée de cigarette ^^

Et toi, comme tous les piétons, t’es aux premières loges pour t’en prendre plein les narines, plein les poumons etc.

J’ai passé quelques journées avec la bouche pâteuse, à arpenter les rues, en essayant de choisir les moins fréquentées… en vain… Impossible d’esquiver, c’est la happy hour H24, c’est l’aquarium, t’es là pour 3 semaines, et tu perds 3 ans d’espérance de vie…

Et puis, comme si passer sa journée en apnée ne suffisait pas, il faut aussi que t’en prenne plein les oreilles.

Non stop !
Tout – le – temps !

Y’a toujours un connard pour siffler, un relou pour klaxonner – parce que son vieux bus rouillé ne fait pas assez de bruit, comme ça… – une connasse pour mettre la musique à fond dans son magasin etc.

Et puis c’est contagieux, hein, même les backpackers s’y mettent, genre « des écouteurs, à quoi ça sert ?! On s’en balek, on est en vacances !! » – tu sais, comme ce petit connard, dans le tram, qui se croit chez lui, à écouter du Jul à fond… (Je t’épargne mon couplet sur Jul et autres saloperies hein, mais on est d’accord, on comprend pas le concept ?! ^^)

Bref, toujours quelqu’un pour te tirer du lit, te réveiller en plein rêve ou transformer ton paradis en enfer…

Mais bon, soyons honnêtes, si les guatémaltèques peuvent être sales et bruyants, ils n’en restent pas moins des gens agréables.

La bonne surprise en débarquant ici, c’est que l’anglais, on l’oublie assez rapidement (si ce n’est dans les gouffres touristiques) et qu’avec leur vingtaine de dialectes mayas, l’espagnol est répandu mais pas parfaitement maîtrisé.

C’est donc tout bénef pour les gens qui souhaitent pratiquer un max.

Et puis les locaux sont très sympas, patients et amicaux. Pas de souci particulier au niveau sécurité, j’ai trouvé ça plutôt easy.

La seule chose à laquelle il faut s’habituer, c’est l’impression d’être toujours en « état d’urgence ». Tout le monde y va de son petit (car guatémaltèque ^^) garde du corps armé. Tout le monde, la supérette, le chauffeur-livreur, le pharmacien etc. Tous sont accompagnés d’un vigile et d’un fusil à pompe.

Ça rassure, ou pas, c’est selon, mais ça fait toujours bizarre de croiser des mecs armés à tous les coins de rue, dans un petit (car… Ah non, déjà faite ^^) pays qui a l’air si tranquille :)

À part ça, niveau décor…

Bah, c’est joli. C’est vert, très montagneux, plutôt chouette. C’est juste un peu concentré je trouve, comme s’il y avait le centre du pays et des temples au nord et point barre.

Le Costa Rica était très riche niveau paysages mais son point fort, c’était qu’il y en avait partout, pour tous les goûts : de la forêt, de la jungle, de la montagne, de la plage etc.

Au Guatemala, c’est un peu la loose.

Alors OK, leur portion de côte Caraïbes n’est pas énorme, mais il y a quand même de quoi y mettre de la plage. Bah non… Il y a bien quelques bancs de sable, mais franchement, c’est pas la fiesta – quel dommage d’ailleurs, quand on sait qu’ils ont un golf commun avec le Belize, ça pourrait envoyer du lourd…

J’imagine aisément qu’il y a des accords commerciaux derrière les ports qu’ils ont préféré mettre à la place, mais bon…

Et c’est ptet une bonne chose malgré tout, quand on y pense.

J’y ai pas mal pensé pendant les trajets en bus et j’ai vraiment l’impression que le Guatemala ne vit pas vraiment du tourisme.

Pas comme le Pérou et son Machu Picchu ou comme le Cambodge et ses temples.

Non, ici, le tourisme semble juste accessoire.

On en discutait avec Julie l’autre jour et le taux de pauvreté dans le pays est énorme. Tellement haut que la pauvreté finit par devenir la « classe moyenne ».

Du coup, ce qui ressemble au Tiers-Monde pour nos yeux d’européens, n’est juste qu’un quotidien comme un autre ici.

Et c’est ptet pour ça que le tourisme n’est pas attendu comme une source de revenu indispensable au bon fonctionnement du pays. Avec ou sans nous, le pays se débrouillera.

Ce qui n’empêche pas certains locaux de vouloir te la mettre hein. Arf, j’ai envie de te dire que c’est le jeu, que c’est aussi ça le voyage.

Donc oui, tu vas lâcher 5Q en plus, par-ci par-là et payer parfois 6 fois le prix pour des attractions, mais bon, même s’ils ont l’impression de t’entuber, t’es toujours gagnant mec. On parle en centimes d’euros la plupart du temps, osef :)

Quoi d’autre ?

Écoute, pas grand chose, si ce n’est qu’il faut quand même prévoir un bon budget temps pour bouger. Quelques routes sont clean mais y’a de la montagne et des volcans partout. Ça veut dire des routes précaires et sinueuses où on ne dépasse pas les 10kmh…

Les transports, d’ailleurs, je t’en ai pas mal parlé, mais franchement, c’est à faire.

Quand ton minibus est blindé et qu’il continue à embarquer des gens, c’est juste infernal, mais de voir comment les gens de débrouillent pour que tout le monde arrive à bon port, en temps et en heure, c’est chouette !

C’est sûrement l’un des aspects les plus marquants du spot : la solidarité.

Sérieux, les gens font leur maximum pour être serviables, ici, quitte à s’entasser à 5 dans un tuktuk, ou à t’emprunter un genou dans le bus.

Et tu vois, même quand tu paies le prix « gringo », le service est là. Personne ne te prend pour une merde, tout le monde t’aide à aller où tu veux, on s’arrange pour mettre ton bagage en sécurité et on s’assure aussi que tu pourras faire ton changement de bus sans souci.

Y’a qu’à se laisser porter, j’ai envie de te dire :)

Côté nourriture, c’est pas la folie.

J’étais quelque peu déçu par le Costa Rica, mais là, sincèrement, c’est la fin des haricots. Y’a pas énormément à se mettre sous la dent, rien de très varié en tout cas…

Tu manges pas cher, hein, mais tu manges la même chose tout le temps. Et quand tu veux varier, c’est McDo ou Subway, ou pizza… Et très vite, t’en peux plus de tout ça…

Là, j’ai qu’une envie : une bonne entrecôte (amis vegans, pardonnez-moi…), la purée de maman et une salade – verre de rouge inclus dans le prix ^^

J’ai même rêvé d’un petit salé aux lentilles, mec, et faut que tu saches que ce que j’ai en tête, c’est la boîte de conserve William Saurin, c’est te dire…

Alors le Guatemala ?

Disons que ça passe. Que t’aimes ou pas, au final, ça te coûte pas grand chose donc osef !

Est-ce que j’y reviendrai ?

Je pense pas. Je pense que le Guatemala est une petite étape à faire pendant un trip en Amérique Centrale. Tu pars du Mexique et t’arrives au Panama en traversant le doss, mais je ne suis pas sur que ça vaille le coup de venir en one shot.

Plus rentable, essaye le Costa Rica. C’est plus cher, forcément, mais c’est plus complet.

De mon côté, il va falloir que je change un peu là, repasser par l’Asie, qui sait… ^^

Allez, je décolle demain matin, escale au Mexique et retour à la vie normale.