Guatemala – Puerto Barrios

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Jsuis devant mes pancakes fraise-banane ce matin :)

Il faut chaud encore et il n’est pas encore 7h30… Laisse tomber, on cuit littéralement ici ^^

La serveuse m’a demandé si je préférais les pancakes avec un café ou un fresco.

J’ai choisi le fresco à la Pepita (ou Pepina, je sais plus) sans savoir ce que c’était.

La nana débarque avec un doss de 50cl de liquide laiteux très sucré au premier abord et légèrement salé sur la fin.

Ça me rappelle l’espèce de morve qu’on m’a servi avec les flakes, tu sais, quand j’étais à Huehuetenango ^^

Mais c’est frais de ouf et, par le temps qu’il fait, ça passe bien.

Normalement, le temps de me taper la cloche, il sera 8h et je vais partir sur la côte, direction Puerto Barrios.

Aucune idée de ce qu’il y a à voir là-bas, j’espère un peu de plage, les Caraïbes quoi, et surtout un peu d’ombre, j’ai plus une goutte d’eau dans le corps, laisse tomber, si je saigne du nez, ça sort en poudre ^^

[…]

Qu’est-ce que je suis venu foutre ici ?!!!

C’est la question que je me pose depuis ce midi – et il est 16h quand j’écris ces lignes…

Puerto Barrios, c’est une petite ville sur la côte Caraïbes, mais tu n’es pas vraiment sur la côte.

Ici, pas de plage, pas de remblais, pas de petites paillottes en bambou sur le sable, rien !

On est pas non plus dans le délire « port de pêche », hein, tu risques pas de tomber sur la capitainerie de Love Island et sur le capitaine Oliver (fais pas genre tu sais pas de quoi je parle, on a tous zappé sur AB1, pendant une insomnie) (ou juste pour le kiff, hein ^^).

Non, Puerto Barrios a des airs de Rio Dulce, le genre de bled paumé en fin d’autoroute, coincé au bord d’un lac (sauf que là, c’est la mer), sans pouvoir jouir de ses avantages.

C’est la canicule ici, je rigole pas.

On doit friser le 45 degrés au soleil, 40 à l’ombre, sérieux, on prend cher !

Tout le monde à l’air d’avancer au ralenti – même les rabatteurs des minibus ont l’air de crier moins fort (et ça ferait presque du bien, s’il ne faisait pas aussi chaud) (sa mère !!!)

Ici, la population change pas mal aussi, ça prend des couleurs, plus de blanc, plus de noir, y’a comme du multiculturalisme dans l’air. Une sorte de melting pot très caribéen – c’est un peu ça partout sur la côte Caraïbes, peu importe le pays, tu croises les populations issues d’Afrique noire (esclavage oblige) un peu parquées à l’écart des grandes villes…

Alors, habituellement, c’est toujours un peu ghetto, ce genre de spot, mais là, ça va.

Les gens, toutes générations confondues, circulent avec leur bolsita en guise de masque à oxygène :)

La bolsita, c’est de l’eau en sachet plastique. Tu paies ça moins cher qu’une bouteille – et écologiquement, c’est top, tu peux en mettre plus dans le sac poubelle (que tu jettes bien-sûr au bord de la route…) – oui, je sais, mais si tu calcules bien, ça fait moins de sac poubelle à l’arrivée lol (j’ai fait Avocat du Diable deuxième langue, t’inquiètes ^^).

M’enfin ici, t’y coupes pas.

On crève littéralement de chaud. Vraiment !! Et alors c’est plat, pétard… Et c’est sec… Pas un arbre, pas un coin d’ombre, c’est la croix et la bannière pour se poser au « frais ».

T’as la vue qui vacille après 5 minutes sous le cagnard, c’est ouf. Je sais pas si je transpire des yeux ou si je chiale – mais intérieurement, j’appelle ma mère, jte jure !

Et puis comme un connard, j’ai enfilé un slip ce matin… N’importe quoi. Faute. Faute grave !

Mon sillon inter-fessier (oulah, je t’ai perdu… Ma raie du cul, connard !), c’est les chutes d’Iguazu au Brésil – ça doit juste moins sentir le monoï dans le doss, sinon, c’est la même.

Les gouttes de sueur sur mes bras sont en train de fossiliser, j’ai l’impression de me faire cuire mes œufs au plat, faut que je m’arrête boire un coup !

Comme un oasis dans le désert (ça rappelle une chanson ça, non ?!), je tombe sur un Depensa Familial (un store tout vert qui fait office de Lidl ici, les prix sont bas, les quantités énormes ^^) : ouf !

J’attrape direct un thé glacé et de l’eau.

Les pauvres, n’auront tenu que 3 minutes – les gens ont dû me prendre pour un dingue, à m’arroser le cul, comme ça, en pleine rue !

(Calme-toi, je rigole ^^)

Mais sérieux, je ramène moins ma grande gueule, par ce temps là ! J’suis complètement assommé – faut dire que ça fait un petit moment que ça dure là, entre la lourdeur, la chaleur et l’humidité, j’arrive en fin de batterie moi…

Ca doit faire 2 semaines et demie que je me réveille à 5h du mat, que je me couche péniblement à 22-23h, sans vraiment bien dormir… J’avoue, tu me mets à Koh Lanta, je pète un plomb, moi aussi je vire Yassine !!! Non, lol, ça impossible, il me reste un minimum de lucidité ! (Quelle bande d’enfoirés, quand même, sur KL !!)

Sérieux, hier j’ai tenté la sieste, mais j’ai pas pu fermer l’œil plus de 20 minutes. Deux connasses canadiennes se sont pointées dans le dortoir, laisse tomber, bien bruyantes, sans gêne, le cliché du touriste que t’as envie de flinguer !

Le pire c’est que, après avoir bien pigé qu’elles allaient squatter un moment à jacasser, je me suis lever pour me barrer et qu’en me voyant, une des nanas me fait « ¡Holà! » Je la regarde (je te dis pas la tête que je devais faire…) (parce que, un truc que je fais bien, c’est le regard « Je vais te flinguer sale p***, tu me réveilles et tu me parles sans que j’ai pris de café ?! T’es morte ! ») et elle rajoute « Comment ça va ? »…

Bah, j’ai un mot compte triple là, avec le « gros » de tonton, j’ajoute mes 7 lettres et ça fait « grossepute » ! Oui oui, en un seul mot, y’a plus assez d’espace avec toi dans la pièce connnnnaaaaaaaaaaasssssssee !!!!

(La chaleur, mec, je ne vois pas d’autre explication)(que deviennent Eric et Ramzy d’ailleurs ?!)

Bref ! Je suis censé passer par Livingston demain et, pour être totalement sincère, j’en ai plein de c… heu… disons que je suis un peu blazé là :)

J’ai l’impression d’être, comme David Vincent, à la recherche d’un chemin que jamais je ne trouverai… :(

Le spot de rêve, tu sais, le bout de plage à la cool, rien que pour moi, pour chiller au calme et faire trempette.

Ce sera pas pour cette fois, je crois !

Faut savoir renoncer dans la vie, hein, prendre ses responsabilités et passer au plan B.

Donc voilà, je décolle demain, sur la route vers Guatemala City.

J’espère juste pour voir y trouver un peu de calme et des températures plus fraîches ^^