Guatemala – Semuc Champey

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Le lendemain, jeudi si t’as bien suivi (je dis ça, hein, mais je suis à l’arrache totale, je m’y perds un peu, fais péter l’éphéméride Evelyne ! ^^), réveil très tôt, j’avais rendez vous avec les filles à 6:30 pour partir à Semuc Champey.

On avait décidé de tenter l’expédition à pied, en bonnes pinces qui se respectent lol – et je parle pas que de moi, hein, la Julie là est une sacré Picsou également (vas-y, gratte toi le bras lol)

Ça donne 3 heures de marche tout ça, hein, avec une bonne heure de montée, bien aiguë, tu transpires bien !

Ce qui est cool, c’est que les filles, très intéressées par la flore du coin, s’arrêtent régulièrement pour la minute SVT. C’est un peu C’est Pas Sorcier (Fred, Jamie, virez les perruques, on vous a reconnu ^^), hein, mais en plus sexy, attends, les nanas sont des bombasses atomiques de clips US, ça bootyshake dans tous les sens et… oué, j’avais promis d’en rajouter un peu, mais si je continue, ça va finir par se voir… :)

Non, c’est très cool.

Même pour moi qui, d’habitude, n’en ai rien à carrer, c’est super instructif. J’apprends plein de choses au détour de 3 remarques.

On est en pleine nature, t’as vu, donc déjà pour moi, c’est bien. Mais pas forcément, car Julie me rappelle que l’important n’est pas seulement de cultiver, c’est aussi la manière de cultiver – et visiblement, au Guatemala, c’est la toujours tiptop :(

On a croisé des mecs qui plantaient du cacao et du café à un moment. C’était génial parce qu’ici, t’as l’occasion de croiser (ou même de visiter) des fincas à droite à gauche, mais les arbres sont grands. Là, on pouvait voir les jeunes pousses, c’était excellent.

(Genre le pousse de café, c’est une tige avec une feuille, mais on a pu voir l’étape d’avant, où t’as encore le grain de café au bout ^^)

Après la grosse montée, disons 2 heures de marche, on passe devant plusieurs petits villages. Et il est l’heure d’aller à l’école, pour les plus jeunes.

Nous voilà donc accompagnés d’écoliers, très dissipés et très curieux de nous voir passer par là :)

On est forcément pas les seuls à taper le chemin vers Semuc à pied, mais franchement, la plupart des voyageurs qui passent dans le coin payent un pick-up pour se rendre là-bas.

Du coup oui, on doit quand même fasciner les mômes du coin, à la jouer Mike Horn au Guatemala ^^

Et alors là, grosse poilade !

Un des mômes jette un détritus par terre, normal – faut dire qu’ici, polluer se situe entre le devoir citoyen et le sport national, hein, tout le monde y va de sa petite contribution :(

Mais, c’est sans compter sur Super Julie !

La toulousaine voit rouge – et plus rose (comme sa ville), je la prendrai bien dans mes bras, sur les conseils d’Edith Piaf, mais le petit est allé trop loin, on frise l’hémorragie nasale, elle va le fumer !

Ni une ni deux, Julie s’arrête et dans un espagnol courtois mais ferme, elle lui explique qu’il ne faut pas jeter ses déchets par terre, que ce n’est pas bien, pour la planète etc.

Réaction unanime du petit groupe d’enfants, autour d’elle, qui la regardent, la larme à l’œil, trop émus par cette diatribe pédago-écolo-gique pour lui répondre – mais j’ai un master en Enfantillages et autres Gamineries, tu sais bien, je n’ai donc pas besoin de sous-titres pour savoir qu’ils pensent tous la même chose : « on t’emmerde, gringa ! » :)

Mort de rire. Forcément, nous ça nous choque, mais que veux-tu qu’on fasse à ce niveau là ?! C’est pas 3 gringos en tatanes qui vont renverser le système – et mettre à mal 4000 ans de traditions Mayas (où le tri sélectif n’a jamais existé…) (par contre, ils ont le Wi-Fi, hein, et c’est bien ^^)

Les enfants nous accompagneront jusqu’à leur école où, pour notre part, nous descendons vers Semuc Champey. De là-haut, certains continuent même à nous interpeller, nous faire des coucous etc.

Il me semble bien en avoir vu un crier « Sale Pétasse écolo ! » en direction de Julie, mais mon espagnol est rouillé, je peux me tromper ^^

En chemin, c’est paisible, hein, tu te doutes bien. Déjà parce qu’il n’y a personne – on a d’y croiser quelques jeeps et motos, mais on était bien !

T’entends les oiseaux surtout, y’en a de très chouette, sur le côté. Leurs nids sont comme des cocons de brindilles en forme de goutte, c’est super chouette à voir.

Et les oiseaux sont noirs et leur queue jaune pétant se dévoile quand ils volent :)

Quand on arrive sur SC, il est 9h30 (on s’est arrêté prendre une petite limonade – pas très fraîche – avant d’entrer ^^)

Dans le parc, qui n’est pas énorme, on opté pour aller au Mirador d’abord et d’aller faire trempette dans les piscines naturelles ensuite :)

Trente minutes pour monter au Mirador.

Trente minutes de souffrance… Sérieux, après ces 3 heures de marche, on était déjà bien fanés, mais là, on s’est achevé !

Faut dire que ça monte sec et que tu te tapes des marches comme pas permis pour arriver au sommet !

Mais après l’effort, le réconfort :)

La récompense ultime, une vue imprenable sur les piscines turquoises, en escalier qui laissent transparaître des rochers dorés en contrebas. C’est magnifique !

J’aime souffrir modérément (envoyez vos propositions indécentes et SM par MP ^^), mais c’est surtout pour ce genre de vue que je trime, en voyage :)

On est ensuite descendu sur 700 mètres et on a pu profiter de la piscine naturelle.

Une hallu, l’eau est turquoise, transparente, claire, fraîche. Le cadre est idyllique, y’a le son du torrent plus haut, c’est chouette ! Le seul bémol, ce sont les autres touristes à côté, en mode selfie, goPro, bordel…

Trop pour moi, j’abandonne les filles pour continuer le long de la rivière.

Bonne session photos, à la cool et petite balade dans le parc, la forêt est tranquille de ouf, car tout le monde vient pour se baigner :)

Il doit être midi édé quand on se retrouve dehors, avec les filles.

Objectif : trouver un pick-up pour retourner sur Lanquín – oué, on avait assez trimé pour la journée, c’est bon, on allait pas se reprendre 3 heures de rando dans la trombine !

Timing parfait, on tombe sur 2 mecs en pick-up qui nous prennent – et pas dans la remorque comme les autres touristes ou les locaux, mais sur la banquette arrière, mec ! Siège en cuir, la totale ! Le taxi de luxe pour le Guatemala, quoi ^^

On s’est arrêté dans le pueblo de Lanquín pour manger et boire un coup.

J’avais un tamal acheté le matin à miamer moi et, si j’avais su, je l’aurai pas testé…

Bref, soirée au lodge, la même que la veille. Tout pareil hein, c’est la même compil qui passe en boucle ^^

On retrouve nos amis japonais et… Des français… Alors, ces français méritent un petit aparté à eux ^^

Pendant ma balade au parc de SC, j’ai croisé 3 frenchies, un peu cliché, à hurler dans le bordel… Le genre de mec que t’as pas envie de retrouver dans ton hostel…

Manque de bol, pendant que j’étais en session lecture au lodge, les 3 lascars (en fait, 2 français et un belge) sont arrivés pour se poser au Vista Verde. Putain !!!

Les filles, qui étaient dans le coin, m’ont résumé leur arrivée.

En gros, les mecs essayaient de dealer une ristourne sur le dortoir – on parle là d’une nuit à 4€, hein, pas non plus la ruine, faut arrêter… Mais bon, certains voyageurs font plus attention à leur porte-monnaie qu’à leur contemporains… #connards

Et c’est surtout qu’après ça, le mec se pointe au comptoir du bar pour savoir s’il y a de la « chica » au lodge…

Là encore, y’a forcément des gens qui sont juste là pour pécho. Mais pourquoi au Guatemala ?!!! Sérieux, pour tiser et choper, va taper le springbreak à Cancún, mais viens pas nous faire chier ici !

Mes potesses, là, bien malines, ont demandé au gérant du lodge de ne pas les mettre dans leur dortoir.

Ahah, ça m’a fait rigoler ça, j’avoue.

Jusqu’à ce que je comprenne qu’ils allaient être dans le mien, de dortoir…

#laMisère

Du coup, la soirée, laisse tomber.

On s’est fait remarquer parce qu’on est français et Julie et Margot faisaient des cibles de choix pour les bidasses – surnom justifié par la présence d’un militaire dans le trio autant que par la balourdise de la team ^^ – et donc on a très vite été dérangés…

Et vas-y que je viens te draguer, t’offrir un shot de tequila, essayer d’te pécho, te raconter ma vie etc. Et en parallèle, nous, on essaye de gérer notre départ, donc on a autre chose à foutre que de te voir faire le kéké là… Et puis enfile un tee-shirt bordel !!!

Bref ! J’ai pas traîné pour aller me pieuter !

Et forcément, en allant me brosser les dents et pisser un bol, je tombe sur le bidasse (que dis-je, LE bidasse !) qui sort des toilettes en me disant « Putain, c’est la première fois, depuis que je suis au Guatemala, que je ne bouche pas les chiottes !!! »… #laClasse

Et alors ? Il veut une médaille GI-Joe ?!

T’as envie de lui mettre une gifle sérieux, juste sa dégaine est insupportable ! Sérieux, au resto-bar, le mec se trimballe torse-poil… Pendant que toi tu manges etc. #bougeDeLa

S’en suis une discussion improbable où on frise le monologue, le mec est légèrement éméché (je pèse mes mots…) et s’écoute parler.

Je te la fais courte pour changer, lol : j’suis militaire, mais faut pas le dire, parce que j’suis en vacances et j’ai pas le droit… (Ah oui ?… J’m’en fous !) Et j’me suis cassé le bras avant de partir, mais j’suis parti quand même… (Ça aussi, j’m’en tape, mais continue…) Et j’ai fait du kayak direct en arrivant… (Sans déconner… Ta gueule !) Et aujourd’hui on fait des sauts à Semuc Champey… (Non sérieux, c’est à toi que je parle, ta gueule !) Tu sais où on peut toper de la weed ? (Crève !)

Enfin voilà, après 10 minutes de cassage de burnes – mais professionnel hein, je te parle d’un niveau d’expertise en la matière, un truc de ouf ! – le mec finit par faire une pause, j’en profite pour lui dire d’aller taxer un des mecs dans les hamacs pour sa beuh et je me faufile dans les toilettes.

Le mec était KO, mais ne pouvait pas en rester là. J’ai donc eu droit à un « Bon bouchage de chiottes, mec ! »… (Crève, sérieusement, crève !)

Et j’ai enfin pu aller dormir.

Alors moi, je t’ai pas dit, mais le tamal de midi m’a pas trop réussi. Et le mélange chaleur / lourdeur n’a rien arrangé…

Du coup, vers 23h – j’ai envie de te dire « en pleine nuit », lol, vu le rythme de folie ici ^^ – j’ai quand même dû me lever pour aller me soulager.

Alors je sais, tu es friand de mes métaphores alambiquées et mes activités dans le graffiti donnent une résonance particulière à l’expression « chier en spray », mais je vais t’épargner les détails et crois-moi, tu me remercieras ^^

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