Brésil – Rio de Janeiro, plages et favelas

Publié le

Alors, la journée d’hier, comment te dire… C’était bien !

On commence à l’auberge, petit réveil un peu gazeux sur les coups de 9h.
Douché, séché, habillé (oui, c’est comme ça qu’on dit, ici, quand on enfile un short de bain et un tee-shirt ^^) vers 9:30, pile à l’heure pour profiter du petit déjeuner avant qu’ils ne débarrassent (10h tout pile).

Au petit déjeuner, je croise Marie qui s’est levé avant moi. Cette nana est vraiment toute cool, sérieux, elle a l’air d’avoir la banane tout le temps, c’est cool – c’est un peu ça aussi, les matins Ricoré ^^

Le ventre plein et la trombine suffisamment caféinée, je me pose sur ma banquette – oui, c’est devenu ma banquette, j’ai fait pipi tout autour ^^ – et je glande quelques minutes sur la pad, à lire vos messages et à chercher des infos sur le Brésil.

Et puis hop, une nana vient se poser à côté de moi, à la cool, tout sourire. La nana est chouette en plus. Trois secondes plus tard, elle me balance un truc en portugais. Comment dire, j’ai du faire une tête priceless tant ça l’a fait marrer, du coup elle m’a mimé un truc en rapport avec la pad. Comprenant qu’elle voulait s’en doute s’en servir – j’ai quand même eu un doute, hein, peut-être voulait elle dire « Prends-moi, ici, tout de suite, sur ta tablette », je sais pas… J’ai préféré ne pas prendre de risque et lui tendre la pad ^^

Je la laisse galérer 2 minutes sur Safari et, devinant ce qu’elle veut faire, je lui demande si elle veut lancer GoogleTrad. C’était bien ça. Je l’arrête donc 1 seconde, le temps de lancer l’appli – qui est ma foi bien pensée niveau interface.

Et là, elle commence à me poser des questions en portugais, traduit en français – ici, c’est drôle, quand tu dis que tu es français, on répond tout le temps « j’adore la France » ^^ – et on discute comme on peut du « qu’est-ce que je viens faire à Rio »…

Bon, mon portugais est vraiment dégueulasse (comprendre incompréhensible)(c’est louche à dire ça, hein…) aussi, comme Gabriela (c’est son petit nom) comprend l’anglais (mais ne le parle pas bien), on décide de se parler en portuglish.
(Ce paragraphe était sponsorisé par le verbe Comprendre)
Vu d’extérieur, ça devait vraiment être drôle, parce que j’avoine un peu quand je parle anglais (j’me la pète à l’américaine) et elle avoinait de ouf dans sa langue maternelle – j’imagine bien qu’elle ne comprenait pas tout ce que je disais. Et inversement ^^

Pendant qu’on discutait, un mec se pointe et me demande si je suis bien français (en anglais).

C’est Pierre, un étudiant de Marseille, qui vient de Niort à la base, qui est en échange à Uberlándia (centre du Brésil) et qui passe quelques jours sur Rio pour les vacances. Pierre mesure 1,80m et aime les séries US, Batman, les artichauts et les balades en forêt… Non, tu crois vraiment que je vais te faire son profil Meetic ??!!

Bref ! C’est Marie qui a parlé à Pierre de mon tour du monde. Du coup, Pierre est passé discuter et on a chiller quelques minutes avec Gabriela. Après ça, on approchait midi et j’ai proposé à Pierre de bouger ensemble pour la journée. Il était uppé, c’était plié.
Seul petit regret, quand on s’est barré, Marie était sortie, on a pas pu lui dire au revoir…

On a donc décollé vers midi, direction le sud-ouest de Rio. L’idée était de taper le trail Morro de Dois Irmaos (le truc des 2 frères, ou quelque chose d’approchant – oué, je devrais passer plus de temps à lire ma méthode de portugais que de mater les nanas dans la rue… ^^).

On a longé une partie du lac et on est descendu vers Leblon (petite plage sympa).
On a dit s’arrêter un peu après 14:30 pour miamer dans une lanchonete sympathique et on a du arriver vers 15:30 à la fin de la plage.

Alors le trail des Dois Irmaos, kezako ? C’est juste une des plus belles vues de Rio. C’est un trail d’une heure (en moyenne) qui monte sévère et qui commence au dernier étage de Vidigal, une favéla. Une favéla !!! Alors je te laisse faire tes recherches sur Wikipedia, tu liras que Vidigal est réputée pour être relativement pacifiste, une favéla plutôt pépère mais où il fait quand même faire gaffe et surtout où les touristes ont tout intérêt à prendre des moto-taxis ou des vans pour traverser la favéla.

Bon, arrivé au bas de Vidigal, tu repères assez rapidement les moto-taxis et les vans. Soit dit en passant, les vans sont alignés devant un mur graffé de ouf. Sérieux, ici ils utilisent de ces couleurs de malade, ça envoie le bois !
Je tope le chauffeur et lui dis dans mon portugais approximatif (c’est pas un synonyme de ridicule ? ^^) qu’on souhaite faire le trail. Il me dit montez, c’est 3 reals, nickel !

Et c’est parti pour une petite balade à l’intérieur de la favéla.
Je dois dire que c’était cool. J’avais l’image de gamin armés jusqu’aux dents, qui traînent sur le trottoir, la Kalashnikov à la main, mais en fait pas du tout. C’est même plutôt détendu je trouve.

C’est un bout de ville, en fait. Y’a des magasins, des bars, des petits restos etc. Moi je croyais naïvement que c’étaient juste des baraques de tôle entassées les unes sur les autres.
Alors tu montes, tu montes, les virages sont serrés, la pente assez hard aussi – révision de plaquettes de frein toutes les semaines ^^ – et à droite à gauche, le chauffeur s’arrête et discute avec un pote qu’on croise dans sa voiture ou avec des mecs qui prennent un verre à la (minuscule) terrasse d’un bar. Très cool, ça rigole, ça charrie, c’est chouette !

Même les mamies dans le van sont détendues, tout le monde se cause, c’est sympa.
Et dehors, laisse tomber, c’est coloré, un truc de dingue. Le niveau des graffs est énorme !
Déjà parce que les styles déboîtent. Un mélange de graff européen et sud-américain. Les lignes sont claires, découpées au biseau et les remplissages sont un patchwork de motifs et d’effets plus ou moins complexes. J’ai envie de dire que c’est du Sofles remplit par OsGemeos : une boucherie, une sodomie picturale, un bonheur pour le gamin que je sui resté !

Arrivés au départ du trail – y’a pas de panneau, hein, c’est juste le chauffeur qui te dit « c’est là ! » Et qui t’indique comment monter. Le truc, c’est qu’il te dit ça en portugais, donc bah, malgré le portugais admirable de Pierre, tu comprends rien et t’avances ^^

Mais y’a une maman qui est descendu avec nous qui nous aide à trouver notre chemin. C’est toujours du portugais, tu comprends toujours pas grand chose, mais c’est tellement sympa de voir ces gens qui t’aident que tu traces sans hésitation !

Arrivés dans une impasse, trois gamins nous indiquent de prendre une ruelle discrète qui monte. Sur le moment, tu t’attends presque à te faire alpaguer en haut pour te faire racketter.
Mais non. La ruelle s’arrête et tu peux escalader un muret pour passer dans la forêt et continuer à monter. Tu montes, tu montes, c’est pentu et c’est surtout bien jungle. Tu t’accrocher aux arbres et aux racines, j’adore !

Et ça continue comme ça sur une bonne quarantaine de minutes. Je pense qu’on est arrivés au bout en moins d’une heure. Sérieux, on a tracé, c’était cool. Bon, Pierre a un peu craché ses poumons, le pauvre, j’ai eu peur de le perdre en route ^^

Faut dire que je me rends plus compte de la difficulté des treks, avec tout ce que j’ai marché et grimpé, sous toutes conditions climatiques et à toutes altitudes, ces derniers mois, je suis juste en train de kiffer la race à chaque montée – pendant que Pierre cherchait un défibrillateur dans les buissons ^^

Mais le réconfort est à la hauteur de l’effort. Pétard cette vue de tu as depuis le sommet !!!
Je devrais dire « les vues » parce qu’en fait, c’est à 360 degrés et tu vois de tout : l’océan au loin, Vidigal en bas, la côte ouest de Rio derrière et devant toi, le must, la côte est de Rio, avec le Corcovado, le Pain de sucre, le lac, les plages d’Ipanema et de Copacabana.

Pfiouuu, t’en prends plein la gueule, je te jure, c’est beau !
Séance photo, vidéo petite pause et après, tu descends – bah oui, le soleil se couche tôt ici et on ne se voyait pas faire la session forêt dans le noir, c’est déjà bien casse-gueule en plein jour lol, je ne me voyais pas essayer d’esquiver les racines à tâtons… ^^

Pour l’anecdote, on a cru descendre par le même chemin qu’à l’aller, mais visiblement on s’est craqué et on a du louper un virage parce qu’au bout de 20 minutes, on a emprunté des marchés en rondins, un parcours plus soft qu’à la montée, lol

Enfin on a débarqué au milieu d’un complexe sportif, avec 2 new-yorkais croisés au sommet.
On a continué à marcher un peu à la recherche d’un van pour le retour, nos amis ricains préférant attendre une moto-taxi.

On a donc descendu la favéla en s’arrêtant ci-et-là devant les street art et graff.
Et on a continué à descendre, peinard. Comme si de rien n’était. En pleine favéla.
Alors, tu le sais, j’adore les ambiances ghetto. J’ai pas peur d’aller me balader là où ça craint un peu. Mais je suis passé à un autre niveau : j’ai traverse une favéla de Rio, avec un blanc MDR !!!

Blague à part, sérieux, je ne me suis pas senti en danger une seconde. Les gens ne nous ont pas dévisagés plus que ça, pas plus qu’au Snam, lol.
C’était même plutôt détente, sérieux, tu croises des gamins qui rentrent de l’école, des mamans qui remontent la rue principale chargées de courses, des mecs au bar et sur le toit d’une baraque, à droite, des gosses s’amusent avec des cerfs-volants. C’est chouette. À un moment, on passe devant un street art de folie, je scotche un moment, si bien qu’un mec qui nous regardait, au dessus du mur, me dit un truc (t’imagines bien que j’ai rien capté), mais je lui ai montré le mur et lui ai fait un pouce genre « ça déchire ! »
Le mec m’a sourit et rendu mon pouce ^^

(Toutes ces histoires de pouce me rappellent Arnet de Fun, à la Pouce-cal Obispo, Pouce Daddy ou encore Purée Pouce-line. Celle-là, rappellera des souvenirs aux fans de Gérard de Suresnes ^^)

Enfin voilà, on est arrivé au bas de Vidigal en vie, en un seul morceau et en ayant pris une grosse claque, visuellement, graphiquement et humainement. C’était top !
Ma seule déception sera ptet de ne pas avoir de photo intra-favéla.

J’avais pas peur de sortir le pod, hein, rien à voir – d’autant que, comme je te l’ai dit, je me suis senti plutôt zen sur place – mais j’avais pas envie que les gens pensent que j’étais une saloperie de touriste venu « observer » la faune locale comme dans un de ces safaris humains qu’on te proposent dans certaines agences. Du coup, pas de toph. Mais des souvenirs plein la tête !

Bon, après cette grosse session, on s’est pris une petite pause avec mon pote Pierre.
Petite bière sur le bord de la route, vue sur Leblon et Ipanema : classe.
Et j’ai bien tripé avec le serveur. Il me demande ce qu’on prend. Je lui commande une bière pour 2, en portugais made in Romu. Il me demande quelle bière je veux. Moi, comme d’hab : la maiz barato (la moins chère) ^^

On s’est marré comme des connards et il m’a ramené une bière glacée (ils l’aiment bien fraîche ici !)

Même au moment de partir, c’était lol, parce que le mec, très pro, nous remercie et moi, je teste un « Obrigado tu », j’avais oublié qu’ici, « tu » c’est « vocé »… ‪#‎FAIL‬ mais lol ^^

Désaltérés, on est rentré en longeant les plages. lpanema d’abord, où les gens continuent de jouer au foot-volley (je connais pas le nom de ce sport, c’est pas du tennis-ballon, le filet est haut comme au volet), au volley, au tennis de plage quand d’autres font de la muscu ou courent sur le remblais.

La nuit tombe, mais la plage est éclairée par de puissants spots et lampadaire. Super zen, du coup, de se balader sur la plage le soir, à Rio. Et puis au loin, derrière nous, on distingue la silhouette du Morro de Dois Iramos et Vidigal au bas du Morro, qui brille de mille feux, une galaxie d’étoiles orange, blanches, bleues. Bim !

Après un saut à l’auberge pour souffler un peu – bah oui, on a quand même du taper 20 bornes dans la journée et ça commence à piquer ^^ – on est parti miamer un snack pour 1€ et on s’est terminé avec un açaï glacé (une sorte de sorbet de fruit local, de palmier ou un truc comme ça). Pétard, c’est bon ce truc, c’est frais et ça cale !

Une petite bière (ou 2 d’ailleurs) sur l’avenue animée de Botafogo et on est rentré se pieuter.

Grosse journée et petite nuit, malheureusement.
(Apparemment, l’açaï est utilisé pour des boissons énergisantes, c’est ptet pas trop recommandé avant le dodo… ^^)

Je suis un peu naze ce matin, la flemme l’aller taper le Corcovado, je vais ptet juste me balader et grimper un peu à droite à gauche pour prendre 2-3 tophs. Et puis faut que je tope des cartes postales et un petit souvenir (qui je pense va me faire retourner à Ipanema… ^^).

Demain, si tout va bien, départ pour Ilha Grande où je serai déconnecté, on ne s’inquiète pas outre-mesure, hein. Si y’a quoique ce soit, j’irai au cyber du coin.


A écouter

Ludmilla – Nao quero mais

Photos