Brésil – Derniers jours à Brasilia

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Bom dia ! Como vai ? Tudo bem ?!

Voilà, c’est comme ça que commencent mes journées depuis quelques jours.
Bordel, le portugais, c’est chaud. Difficile d’oublier tout ce que t’as appris depuis 2 mois, ici, on prononce les V, les J, les G et le son -te final se prononce -tche… Du coup, même si t’essaies de rester sérieux, t’as l’air d’imiter Chico Del Sol… ^^

Et accroche-toi pour comprendre un traitre mot de ce qu’on te dit. Ca va tellement vite et les mots sont tellement prémâchés qu’il est vraiment difficile de distinguer la syntaxe d’une phrase toute bête genre : il est bientôt 14h… Oui, parce que, décalage horaire ou pas, je suis un peu à la rue ces derniers jours.

A part ça, entre 2 leçons de portugais, je suis allé découvrir Brasilia. J’avoue avoir été agréablement surpris.

Et pour cause, si tu te rencardes un peu sur le Brésil, tous les blogs de voyage, les carnets de voyage ou autres itinéraires conseillés par les agences, tous te conseillent vivement de zapper la capitale. La raison ? C’est une ville. Une grande ville. Du béton, des voitures, du béton et plein de gens. Et du béton ! Bref, rien de très exotique pour le touriste moyen – encore moins pour les backpackers…

Alors pourquoi je kiffe ma race ici…?

Déjà, je le sens en sécurité de ouf. C’est louche, hein…
On est au Brésil, mec. Quand tu te rencardes un peu, tout le monde te dit de faire gaffe, que c’est hyper dangereux etc. Du coup, j’avais un peu peur de me faire alpaguer en sortant de l’aéroport. Mais comme me l’a dit Sonia (tu te souviens qui c’est ?!) : Brasilia, c’est pépère !

Avant-hier, j’ai profité de la journée pour descendre l’avenue principale de la capitale.
Ce qui est cool, pour les touristes pressés qui n’ont ni l’envie ni les moyens de cavaler dans toute la ville, c’est que toutes les « attractions » touristiques de Brasilia sont situées sur cette avenue – je mets des guillemets parce que les-dites attractions consistent essentiellement à un florilège de monuments architecturaux ou artistiques.

Alors c’est simple : tu prends un bus, tu te fais déposer en bas de l’avenue et tu remontes les 6-7 bornes en t’arrêtant à droite à gauche pour prendre des tophs.

Brasilia, c’est un avion. Les 2 ailes traversent la ville du nord au sud et l’avenue principale, descends d’ouest en est jusqu’au cockpit. C’est donc très facile de se repérer et difficile de se perdre en chemin.

Niveau temps, c’est cool aussi puisque il fait beau. Très beau même. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Hier, par exemple, on a passé la journée sous 33 degrés. Ca change de la canicule nord-colombienne écrasante qui t’assommait quelques semaines plus tôt ^^

L’architecte de la ville n’a rien d’extraordinaire mais c’est très sympa.
Bizarrement, en me baladant, je pensais à Santiago. C’est exactement ce à quoi je m’attendais de la capitale chilienne (mondialement reconnue comme capitale du design architectural), que j’ai trouvé un peu pauvre en originalité.

La bonne surprise vient également des gens. J’avais aucune appréhension particulière envers les brésiliens en arrivant, mais je dois dire qu’ils me plaisent bien, jusque là.
Très accueillants, à la manière des colombiens, les gens ici sont super détendus et très chaleureux.

À chaque fois que je m’arrête quelque part pour acheter une connerie, je fais marrer tout le monde.
Déjà, avec ma coupe afro bizarre, j’ai l’air de Krusty, le clown du Bangladesh. Ça doit aider ^^
Mais surtout, ils essaient toujours de me causer en portugais et je galère de ouf pour le dire « Náo falo portuguese, desculpe », du coup, ils testent des trucs avec des gestes, lol

Genre hier, pour le goûter, je suis aller taper un McDo – l’envie du sundae, tu sais… – donc, je prends mon menu et la nana me balance un truc de ouf pendant 3 minutes. En mode panique, je tente un « kézako-tche ? » qui l’a laissé perplexe et je lui explique que je ne parle pas portugais. Du coup, elle me montre l’affiche du Mc Flurry (que je viens de commander – oui, j’ai craqué sur le Flurry local, ils le saupoudrent avec une sorte de KitKat à la cannelle… ‪#‎MIAM‬).

Perspicace, je vois de suite où elle veut en venir et mes leçons de portugais (en japonais, ndlr) me permettent de synthétiser son message : « Depois ? » Elle me répond « oui » (en VO, pas besoin de sous-titres), je conclue par un « cool ! » qui fait marrer toute l’équipe derrière elle.
Et après, c’est toujours la même : tous me zieutent, l’air amusé et chuchotent des trucs.

Mon niveau de portugais n’est pas terrible, mais je devine sans difficulté que mon charme et mon charisme, combinés à mon aisance linguistique, les fascinent et qu’ils espèrent que je repasserai à l’occasion. (Ou j’avais juste la braguette ouverte… ^^)

M’enfin voilà, j’ai profité de ces 2 derniers jours pour tout voir. En tout cas l’essentiel de Brasilia. Tout ce qui est sur la brochure. C’est pas le spot de dingue, le truc inoubliable, l’indispensable du tour du monde, mais j’ai bien rechargé mes batteries. J’ai bien chillé, j’ai bien bougé aussi et j’ai réussi à prendre quelques claques.

Notamment hier soir. J’ai larvé un peu plus tard sur le retour pour voir le coucher de soleil et j’ai pas été déçu. Pétard, c’était chouette. Plein de couleurs dans le ciel nuageux – ça sentait la pluie et l’orage – et une belle surprise à la tombée de la nuit.

L’avenue principale, celle qui va d’est en ouest (sur le retour) monte et descend.
À mi-chemin, donc, tu es au point le plus haut. Tu as donc une vue sur les environs de Brasilia à 360 degrés. Et c’est beau. Imagine un peu ça : un coucher de soleil, qui va du rose au bleu-violet, découpé par l’horizon, une immense vallée plongée dans le noir et parsemée d’étoiles orange, blanches, bleues. Les lumières des maisons et les lampadaires des routes reflètent, comme par magie, le ciel étoilé qui s’installe – t’as l’impression d’être sur une île, au milieu d’un lac, en pleine nuit.

Alors voilà, ma première étape brésilienne arrive à sa fin.
Demain, je prends un bus pour Salvador de Bahia.

Apparemment, c’est un peu plus ghetto. On verra bien. L’idée, c’est d’y rester quelques jours et de descendre ensuite pour Rio, si possible début août, histoire d’avoir assez de temps pour bien explorer le spot et descendre la côte vers Sao Paulo.