Brésil – Brasilia

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Toujours en vie… heu… Bien arrivé au Brésil !

La misère c’est d’avoir galéré de ouf pour baragouiner 3-4 trucs en espagnol y’a 2 mois et de penser et parler, maintenant par réflexe, dans la langue de Pepito… Bah quoi ?! On dit bien « dans la langue de Shakespeare »… et je connais pas d’autres stars espagnol… Oh, lâche-moi ! ^^

Bref, j’ai jamais pris aussi cher niveau voyage.
Pour te dire, je suis parti de Bogotá (Colombie) dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du mat. Moi qui suis plutôt un couche-tôt (non, ça veut pas dire « le premier soir », calme-toi… – mais t’inquiète, je vais arrêter avec les conneries du genre : en amour il faut prendre son temps, attendre quelques jours avant de coucher avec quelqu’un etc. ^^), j’étais un véritable zombie, passé minuit à l’aéroport…

Alors t’imagines bien que mon escale à Lima (Pérou), mon vol jusqu’à Sao Paulo (Brésil), mon escale de 6 heures et mon vol pour Brasilia m’ont juste terminés à la Mortal Kombat : Fatality !!! Dead, bouilli, lessivé, j’étais une vraie serpillère à mon arrivée.J’ai réussi à tituber jusqu’au parking pour prendre un taxi et ma poisse légendaire a pris le relais…

Le chauffeur de taxi, déjà, c’était un sketch… Le mec, la petite cinquantaine, avait un strabisme de ouf et une légère cuite (à l’odeur, je dirai quelques petites binouzes et une dernière douche il y a 5 jours… ^^). Je lui file l’adresse – j’avais préparé mon petit papier, tout bien écrit etc. – il la lit et on décolle.

Le compteur tourne, on en est à plus de 30 reals quand il me dépose devant l’hôtel Continental… Et là, je buggue. Il me faudra 1 minute pour sortir de mon état de choc. Comment… Mais COMMENT tu peux lire, sur mon papier, Hostel Villa Brasilia et me déposer à l’hôtel Continental…?!! (Non, sérieux, à part si le mec, bourré, se dit « je suis con, je vais aller à l’hôtel con-tinental… », je vois pas comment c’est possible !)

Alors, tu me connais, je ne suis pas du genre à péter les plombs pour rien – même fatigué, blasé et avec le compteur qui tourne… – je lui dit donc que non, c’est pas le bon hôtel (dans un espagnol parfait mais inutile ici, apparemment). Le mec me dit que si – là j’avoue, ça monte légèrement. Je lui répète que non et lui (re)montre l’adresse et là : ‪#‎EPICFAIL‬ !

Le mec prend mon papier, l’incline vers la lumière (pour mieux lire, j’imagine…)(attends ^^) et commence à lire. Moi, je suis en face de lui, je le regarde faire et je re-buggue. Le mec lit le papier au verso (où il n’y a rien d’écrit…).
Et là, maître Capello, tu dois me dire : « Mais Romu, s’il n’y a rien d’écrit, pourquoi est-ce que tu dis que le mec ‘lit' »… Oui, POURQUOI ?!!! Bordel de merde, pourquoi ce con passe 30 secondes à essayer de déchiffrer une feuille blanche ?!! Il a cru quoi, que c’était un chèque de Fantomas ? (ils diffusent la trilogie chaque année sur France 3, t’es obligé de comprendre la référence)

Bon, je suis resté zen, je suis pas du genre à t’insulter, insulter ta mère et te cracher à la gueule pour si peu, tu sais bien (si, tu sais bien… rassure moi !), donc j’ai gentiment pris le papier et lui ai tendu le papier dans le bon sens.

On est toujours devant l’hôtel Continental, hein et le mec de la réception descend pour nous aider. Et là, mon chauffeur tente de lui demander de l’aide en lui « lisant » l’adresse.
Et là, tu dois me dire : « Mais Romu, pourquoi est-ce que tu mets des guillemets ? »

Alors oui, mon écriture n’est pas très lisible – j’étais bien parti pour faire médecine, mais apparemment, l’UE graphologie n’est pas si importante que ça… – tu as dû t’en rendre compte en essayant de lire mes cartes postales – si t’en as pas eu, fallait envoyer ton adresse ! Mais j’avais fait un effort pour l’adresse de l’hôtel, c’est écrit en majuscules, proprement, on est presque sur de l’Helvetica 32, faut pas déconner…

Je te jure, c’était un véritable sketch, du Fernand Raynaud, du Bourvil, le Schmilblick (merci Wikipedia !) de Coluche : le mec n’a pas réussi à aligner 2 syllabes correctement.

Je suis toujours partagé dans ce genre de situation. Déjà parce que le mec a une légère biture, ça ne doit pas aider – mais je ne compatis pas et tu sais que ça monte dans ces cas-là, genre pour me calmer, je peux aussi sniffer de la moutarde… Mais j’ai toujours un réflexe, à l’étranger plus qu’en France (parce que, si tu me connais, tu sais que j’ai croisé toutes sortes de personnes pendant mes années intérim), un réflexe d’occidental snob, celui d’imaginer que tout le monde n’a pas la chance d’avoir (eu) accès à l’éducation.

Alors, on ne se moque pas de quelqu’un qui ne sait pas lire. On ne s’énerve pas sur lui non plus. Mais à ce moment précis, je l’avoue, l’antipathie a pris le dessus…

Cinq minutes plus tard, on est reparti, mon chauffeur convaincu d’avoir compris l’adresse ; moi, beaucoup plus sceptique… Pour te dire, on devait trouver le bloc L et le mec s’arrêtait à chaque lotissement pour dire « c’est là ! » Alors qu’on remontait l’alphabet… J’avais pas le temps (et encore moins le vocabulaire) pour lui apprendre que la lettre L était située bien plus loin que la lettre B et qu’entre C et D, il n’y avait rien (quoiqu’ici, il y a ptet le Ç, le Č ou le Ć, va savoir…)(‪#‎ironyInside‬). Non, j’avais pas le temps, j’ai donc insulter sa mère, dans un français parfait – oui, je sais, ça se fait pas, c’est violent, gratuit et inutile… Mais ça soulage…!

Et ce qui montait autant que mon exaspération (et la violence de mes propos à l’égard de sa famille – oui, parce que chez moi, on partage, j’ai donc remonté son arbre généalogique pour maudire sa grand-mère, son arrière grand-mère etc.)(c’est thérapeutique, la ferme !) c’était mon ardoise au compteur…

Une course normale entre l’aéroport et mon hostel, d’après mes recherches, ne dépassait pas les 50 reals. Arrivé à 100 reals (30€) je lui dit de s’arrêter, que je n’ai pas beaucoup d’argent (« náo tenho dinheiro », j’ai appris ça direct lol) etc. Il finit par s’arrêter à la station de taxi du quartier – parce que bon, apparemment, on est au bon endroit, c’est juste qu’on trouve pas la rue… On tourne juste depuis 1 heure !

Et là, c’est l’heure du relais. Mais c’est comme au Jamel Comedy Club, un artiste laisse sa place à un autre artiste… Sauf que je ne suis pas avec Thomas N’Gigol et Fabrice Eboué. Le deuxième chauffeur de taxi sort de la station en se tripotant la bite et vu la dégaine du mec, sa bite n’est pas ta fraicheur.

Le mec a la tronche de Francis Evrard et la panoplie du parfait prédateur sexuel : la gueule enfarinée, les lunettes de travers, un strabisme appuyé, la mèche grasse, la chemise dégueulasse, jaunie (de haut en bas, un joli combo bave-transpi-urine, la classe) et le froc taille basse. Et avec sa manie de se tripoter les boules – je te parle pas d’un réajustement de slobard, hein, qui peut arriver à tout le monde, mais d’un véritable attentat à la pudeur, un truc sale…
(Le mec rappelle légèrement le prof pédophile de l’Associé du diable… Glauque).

M’enfin, le mec prend l’adresse et annonce qu’il sait où c’est… Alors GO ! Bon, dans mon malheur, j’ai réussi esquiver les 100 reals du premier taxi qui, soit a oublié de me demander la thune, soit s’est senti tellement con (-tinental ahahah)(la tristesse du calembour…) qu’il n’a pas osé demander son reste ^^

Bref, l’autre chauffeur, sûr de lui, fonce et 5 minutes plus tard, me dépose devant une superbe résidence. Il me demande 15 reals avec un sourire dégueulasse (sérieux, le mec est affreux, il fait peur). Et là, je re-re-buggue ! Comment te dire… Le mec vient de me déposer devant une résidence qui s’appelle Villagio Machin-truc… Alors j’ai attendu 2 minutes, j’ai pris quelques longues inspirations, évalué les dommages collatéraux inhérents à une éventuelle tentative de meurtre et me suis retourné vers ce connard pour lui dire que ce n’était pas le bon endroit…

Je suis resté aussi zen que possible, l’erreur est humaine et pour le coup, dans Villagio Machin-truc il y a « Villa », comme dans Villa Brasilia… Et sur ce quiproquo, on a rigolé comme 2 bons copains, en se donnant quelques tapes dans le dos et on a finit par se poser dans un bar pour partager une bière, quelques cacahuètes, je lui ai raconté mes galères de voyage et lui, ses aventure rigolotes en tant que chauffeur de taxi… Ah, ça fait du bien de rire un bon coup et puis au fond, c’est pas si grave toutes ces galères. C’est pas la mort, après tout.
C’est pas comme s’il était 2h du matin passées, que j’étais fatigué, au milieu de nulle part avec un type louche qui ne comprend pas un mot de ce que je dis, bordel de MEEEEEERRRDE !!! (Tu le sens le pétage de plombs, là ?!!!)

On est donc reparti quand le mec a compris qu’on devait aller au lot 9 du bloc L.
Trois minutes (et 7 reals) plus tard on arrive enfin au bon endroit !… Sauf qu’il n’y a rien. Juste un portail bleu et une plaque avec l’adresse que j’ai du le papier.

J’ai du sonner 3 fois à l’interphone pour avoir quelqu’un. Le mec m’annonce qu’il vient et 5 minutes plus tard, un mec arrive pour ouvrir. Je m’excuse direct, en espagnol, on est quand même en pleine nuit et il me confirme que je suis bien au bon hostel. Ouf !
Je paie Émile Louis, je prends mon sac et je trace. Le mec de l’hostel est cool et son portugais est vraiment drôle.
L’hostel est pépère, c’est grand, propre et je suis seul dans le dortoir. Je pose le sac et dodo.

Je ne me suis réveillé et levé qu’à 13h, hier. Laisse tomber la trombine au réveil ^^
Dans la salle à manger, Sonia (la proprio) m’attend en compagnie de 2 nanas très cools. Seule une parle un peu anglais, j’ai l’impression qu’ici, mon anglais et mon (modeste) espagnol ne vont pas servir à grand chose… ^^

Mais le petit déjeuner est top : sandwich jambon-fromage, café, chocolat, fruits, c’est cool !
Et puis Sonia est très sympa, je comprends pas grand chose à ce qu’elle me dit, mais elle est super patiente et prend le temps de décrypter mon espagnol pour me traduire ça en portugais.

Je suis à la sortie d’une zone industrielle, au nord ouest de Brasilia.
L’endroit est pépère, y’a tout à disposition : restos pas cher, magasins etc. J’ai pu aller faire le plein de connerie et me toper un menu pour 3€ à 16h lol
J’ai passé la fin d’aprèm à apprendre 2-3 trucs en portugais.

J’en suis là : Meu nome e Romeo, eu vim de França. Tenho 34 anos e sou funcionario. Náo posso falar portugues, desculpe. Poderia falar devagar ? Quero ir para el centro, onde fica la estaçao de bus ? (Sans lire mes notes !)

Le souci, c’est que j’ai des réflexes en espagnol, genre « buenas » à la colombienne ou « gracias » au lieu de « obrigado »… C’est chiant. C’était pareil à Bogotá. J’ai croisé un japonais à mon hôtel, impossible d’aligner 3 mots en japonais, correctement. Je faisais du japoñol, c’était la misère… Je pense pouvoir le démerder un peu partout en langues, mais parler une langue tierce dans un pays qui n’est pas le mien… ‪#‎hard‬

Enfin voilà, je m’autorise encore une journée de repos ici – ce matin, j’ai réussi à me lever avant 10h ! – et demain, j’irai explorer le centre de la capitale. D’après Sonia, y’a 2-3 à voir. Après ça, je vais devoir tracer un itinéraire convenable et réaliste niveau temps et budget.
J’ai fini par oublier le magnifique désert du Nord (trop loin, trop cher) et je vais essayer de m’occuper en descendant la Costa Verde, de Salvador à Sao Paulo.

Sinon, j’ai eu des news de mon pote OneR, qui vit au Japon avec sa nana. On va ptet pouvoir se checker avec lui et Benj au printemps. La fine équipe de retour en pays nippon, ce serait cool !

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