Colombie – Santa Marta

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La flemme…

La flemme de te parler de Santa Marta.
Une ville de bord de mer idéale pour chiller, pourtant.
Une ville pleine de petites rues étroites qui, avec ce soleil, te permettent de circuler dans l’ombre et de te mettre à l’abri de ces températures caniculaires.

Un spot parfait pour poser le sac quelques jours, d’autant que l’hôtel qu’on m’a recommandé à Cartagena, le Kayros, est juste au top !
Air conditionné, wifi et télé dans toutes les piaules (même dans le petit dortoir), salle de bain collective nickel, personnel agréable, professionnel et très sympa ; et l’endroit est vraiment calme passée 18h : le paradis !

La flemme de bouger tous les jours. Partir déjeuner, dîner ou se balader sous cette chaleur est une torture. Une chaleur écrasante, ça assomme, ça fatigue, ça assèche et surtout, ça n’aide pas à garder la tête froide… Du coup, à la moindre galère (trouver des cartes postales, trouver la poste, trouver une rue etc.), c’est l’ulcère, le pétage de plomb, les ragnagnas, la crise d’ado, l’hystérie, la dépression, l’envie de meurtre, la tentative de suicide…

M’enfin, le jus de fruit frais aide à se calmer, à s’hydrater et à se rafraîchir la trombine.
Ça et le Subway aussi – premier repas en arrivant ici, il faisait tellement chaud que j’avais juste pas envie de me retaper un poulet, riz, soupe etc. Du coup, j’ai débloqué mon PEL pour m’offrir un sub du jour gavé de crudités fraîches, arrosé d’un Fanta citron et accompagné d’un cookie au beurre de cacahuète.
(C’était ça ou m’acheter un pot de glace et chialer devant Bridget Jones ^^)

La flemme de te parler du parc Tayrona.
Le spot est cool, mais en arrivant, t’as déjà la flemme de payer…
Tu paies l’entrée 2 fois plus chère que les locaux (je ne m’y habituerai jamais !).
Alors tu te dis que ça vaut le coup, c’est un parc renommé, t’as vu les tophs du spot, laisse tomber, ça a l’air d’être le paradis…

Ca pourrait l’être, hein, mais il faudrait déjà appeler un chat un chat.
Le parc ne consiste en fait qu’en un énorme domaine dans lequel à peine 30% sont accessibles.

La tristesse, c’est abusé. En gros, y’a 2-3 musées et sites archéologiques et le reste, c’est le club Med : des plages et des resorts, camping etc.

Alors y’a du bon point quand même : la baignade n’est autorisée que sur une seule plage, du coup, les autres plages sont vides. Personne, pas un chat, c’est top. Mais tu comprends pourquoi la baignade est interdite quand tu vois les vagues… Sa mère, je n’ai jamais vu ça. La mer est d’une violence ici, un truc de malade !!

Le truc c’est que c’est la cohue sur la seule plage praticable. Un monde hallucinant, tout le monde s’entasse sur le peu de sable dispo.
Et à 15 mètres à peine, y’a le camping… Du coup, le paradis à un goût des Flots Bleus, tu t’attends presque à voir débouler Franck Dubosc..

Mais la seule chose qui débarque, c’est un type qui passe devant moi… à poil !
Bon, il semblerait que, plongé dans mes pensées, je n’ai pas vu que c’était une plage naturistes… Oups ^^

Et impossible d’y échapper. Le seuls sentiers du parc longent la plage ou passent par les campings. Pas de chemin de randonnée vers la montagne etc. Rien

C’est un des points tristesse du spot : le domaine est énorme et tout y a été aménagé pour les plagistes. Du coup, on a quand même l’impression d’être pris au piège – enfin la sensation qui domine, c’est surtout qu’on se fait vite chier… ^^

Et je ne te parle pas des tarifs. Sérieux, pour le moindre plat faut débourser 20000 pesos… Il a craqué son slip Pepito ou quoi ??!!! Je veux bien qu’on m’explique que l’import de denrées sur une île impose une inflation des prix, mais c’est un parc naturel, on est encore sur le continent, il y a des routes… Allo ?!

La flemme de rester du coup. Un bon truc à y faire par contre, c’est le trek retour au petit matin, tu vois tout un tas d’animaux en regagnant la sortie : lézards, singes, oiseaux et mammifères inconnus à 4 pattes… ^^

La flemme intense aussi. Celle qui te cloue au pieu, bien au frais, à grignoter devant des épisodes de Castle – ça me rappelle les lundis soirs en France, pépère, en mode ménagère de moins de 50 ans, à se palucher devant la téloche.

Pour le coup, c’est de ça dont j’ai un peu besoin en ce moment.
J’en ai légèrement plein le cul de bouger, de trekker, d’explorer les recoins de spots où je passe… C’est sûrement la fatigue ou ptet juste que je suis full, que j’en ai suffisamment vu, mangé, senti, bu, grimpé etc… Y’a ptet plus la place pour le reste et je suis ptet déjà en mode pilotage automatique…

Alors je sais que c’est bientôt fini et que je pourrai essayer d’y mettre un coup de fouet pour la dernière ligne droite, mais… la flemme…

La flemme aussi de te parler de Minca, où j’étais hier.
J’avais pourtant la flemme de me bouger les fesses, surtout en attendant que la voiture qui devait nous y amener fasse le plein de passagers… Une heure à poireauter, sérieux !!! J’aurai du me casser, mais j’avais la flemme…

Arrivé sur place, la flemme de m’arrêter miamer ou de faire connaissance avec mes co-voyageurs, j’ai tracé en direction de la première route que j’ai vu, la flemme de chercher des infos touristiques ou de prendre une moto-taxi. Alors j’ai grimpé jusqu’au sommet, près de 5 heures de marche AR, en pleine nature, seul, paisible, au calme.

Minca rappelle une peu Salento. Pas que pour les caféiers qui jonchent la vallée, mais aussi sur la tranquillité du spot. Le centre est moins joli mais, comme pour Salento, tu peux facilement aller te balader à l’abri du monde, du bruit et de la chaleur, en prenant n’importe quelle rue. C’est du bonheur !
Le bordel c’est que, comme à l’aller, il faut attendre une plombe que la bagnole soit pleine pour décoller. Faut vraiment pas être pressé…

Et alors la flemme de prendre un bus pour San Gil en rentrant sur Santa Marta…
Je pensais décoller hier soir (parce qu’on est aujourd’hui, quand j’écris ^^), mais j’ai eu une flemme énorme et une envie de McDo, un truc de malade !
J’ai satisfait les 2 !

Mais ce soir, il faut vraiment que je décolle, donc bon, je vais me sortir les doigts et je vais toper un bus pour Bucaramanga ce soir et demain matin, direction San Gil.
Qui sait, j’aurai ptet le temps de recroiser mes potes Matou et Cam.

Bon, sur ce, j’espère que vous allez bien.
Apparemment, c’est aussi la canicule par chez vous, pas trop la flemme vous ?
Il me reste 10 jours en Colombie et un mois au Brésil, un peu plus de 1000€ en poche et un taux de flemme un peu trop élevé à mon goût… Mais ça va.

Je sais bien que de votre fenêtre, je dois avoir l’air d’un petit enfant gâté qui ne réalise pas sa chance d’être au bout du monde et d’en prendre plein la vue, pendant que vous, vous êtes au boulot… Mais bon, hein, rien d’alarmant, prenez juste ce post comme tous les autres posts en mode vénère ou déprime. Ça ira mieux demain – et même tout à l’heure, pendant que je siroterai un jus de mangue !

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