Bolivie – Potosi et Sucre

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Potosi, que te dire, c’est une petite ville sympathique ancrée au milieu des montagnes.

C’est très rouge, ambiance Roland Garros, terre battue pour les chemins, légèrement poussiéreux (mais ça passe) et les rues sont en mode montagnes russes, ça monte et ça descend de ouf, tu marches 20 mètres, tu souffres ^^ – il faut dire que, d’après les guides, je suis dans une des villes les plus hautes du monde…

Potosi est à 3-4 heures de bus d’Uyuni.
On slalome entre les montagnes tout du long, c’est soporifique ^^
Mais le décor est chouette – et tellement différent du nord Chili, sec et désert.
Ici, c’est vert, ocre, cendré : c’est la pampa. C’est désert également, mais avec toute cette végétation, tout paraît plus vivant, plus abondant.

Sur le chemin, on croise une voiture accidentée et une nana en pleure qui demande au bus de s’arrêter. Ce qu’il fait. D’où je suis. Je ne peux voir que la bagnole en sale état, la nana qui explique au chauffeur ce qu’il s’est passé et sa gamine de 4 ans qui l’attend à quelques mètres de là…
Si j’ai bien compris – et vu mon niveau d’espagnol, ce n’est peut être pas le cas ^^, papa est bien amoché et ils attendent une ambulance depuis un moment et personne n’est venu.
Tout le monde s’empresse de descendre pour aider… enfin non, 3 mecs aident et la quinzaine d’autres personnes regardent le spectacle aux premières loges… ‪#‎voyeurisme‬

Au bout de 10 minutes, on finit par mettre papa dans la soute du bus et on décolle pour quelques 45 minutes de route avant de déposer toute la famille au dispensaire de Tica Tica.

J’arrive sur Potosi vers midi, le temps d’apprendre un nouveau mot : alojamiento (logement, enfin disons plutôt : petites piaules pas chères qu’on trouve aux alentours des terminaux de bus) et je peux poser mon sac dans une chambre aussi spacieuse et confortable qu’onéreuse… ^^

Je fais un tour dans les parages, pause déjeuner dans un petit bouiboui local (assiette de poulet, riz, frites et salade pour 2,30€ ^^) et je pars à la découverte des alentours. C’est coolos ici, les maisons épousent les montagnes, donnant à la ville des allures de favélas.
J’adore !

C’est légèrement ghetto, pour ne rien vous cacher, mais c’est aussi ça qui fait le charme du spot. Par contre. Avec le soleil et ces heures à déambuler, j’ai pris un sacré coup de barre.
Petite sieste express sur mon lit en bois et son oreiller en pierre et il est déjà l’heure de dîner… Et du dodo ^^

Le lendemain, je pars pour le terminal pour toper un bus pour Sucre (ça fait beaucoup de « pour »). On m’y indique que je dois me rendre au second terminal (El nuevo terminal) et que, pour y aller, je dois toper collective dans la rue d’en face…

Allez hop, je me rend sur place où, soyons clairs, il n’y a rien, pas un arrêt de bus, rien.
Juste 2 personnes qui poireautent avec leur backpacks. Le mec me dit bonjour en espagnol, je répond poliment et enchaine avec un « Hablas inglés ? » ^^
Il répond que oui (ouf !) et du coup je lui demande s’il y a un bus qui passe ici.

Au final, il s’avère que Léo et sa sœur Luisa (respectivement 21 et 20 ans) se rendent également au terminal et qu’ils vont eux-aussi à Sucre On décide de s’y rendre ensemble.
Trois minutes plus tard, le collectivo arrive et nous dépose 10 minutes plus tard au terminal, pour 1,50 bolivianos (20 centimes ^^).

En sortant du collectivo, j’entends un bruit familier en provenance du sac de Luisa. Je tente un « tienes bombas de graffiti ? » (lol) et elle me dit que oui, perplexe.
Je lui dit que yo también et là, elle s’arrête, en pleine hallu ! « C’est vrai ? » ^^
On finit par parler graff etc. je lui montre mon carnet et on se décide à poser ensemble, une fois sur Sucre, connexion sympathique et inattendue France / Pérou en Bolivie ^^

Au terminal, Léo réussit à nous avoir une petite ristourne sur le billet, nickel !
Trois ou quatre heures plus tard, on arrive sur Sucre. On marche jusqu’au centre, en s’arrêtant à chaque hostel ou alojamiento pour toper un dortoir pas cher. On atterrit dans un spot légèrement ghetto, pour 30 bolivianos chacun, on en a pour notre argent, dirai-je ^^

Rien que la douche, c’est comique, lol, en gros, pas de pomme de douche, mais un trou dans le mur d’où sort l’eau… ‪#‎WTF‬
Moi qui rêve d’une douche bouillante, je sens que je vais devoir attendre La Paz… Ou le Pérou… Ou Quito en Equateur… Au pire du pire, je rentre le 15/08, je peux économiser mes slips jusque là ^^

Après s’être tous douchés, on décolle pour le marché central, pour manger (pas cher).
Laisse tomber, pour 12 bolivianos (1,60€) tu as une sorte de noodle soup bien complète, une assiette avec escalope milanaise, riz, pommes de terre et salade, le tout arrosé d’une boisson locale sucrée appelée Tumbo. Tu repars du marché blindé comme après un hold-up ^^

Après ca, petite balade dans Sucre, Léo voulait voir les églises et monuments historiques.
Avec Luisa, on en avait genre un peu rien à battre, du coup, sur la fin, on s’est séparé. Luisa et moi, on est parti acheter de quoi peindre et récupérer notre matos à l’alojamiento.
On a ensuite cherché un spot pour peindre.

A la base, on voulait un truc discret, on est tous 2 étrangers ici, faudrait pas qu’on ait des problèmes lol
Mais, à 10 minutes de l’hôtel, on tombe sur un bout de mur abandonné, en pleine rue et on finit par s’y poser pépère. Les gens passent, ne disent rien. Une petite mamie sympathique s’arrête une minute pour savoir ce qu’on va faire. C’est moi qui lui explique la situation, dans un espagnol approximatif (lol) et elle nous encourage très chaleureusement ^^

Niveau peinture, c’est l’arrache complète. On a acheté un pot d’acrylique, Luisa a du colorant violet, j’ai des fins de bubs. On a finit par poser genre un singe en train de poser le blase de Luisa (Sune). Pour l’intérieur des lettres et du perso, c’est au mini rouleau qui nous a lâché en cours de route lol
Mais très bonne connexion. Franchement, quel plaisir de partager sa passion avec un(e) inconnu(e), d’autant plus dans un freestyle linguistique que je qualifierai de franglignol ^^

Peindre en Bolivie : check !!!

T’as pas idée comme j’ai l’impression de galérer, mais bizarrement, ici, on me dit que mon espagnol passe… De 2 choses l’une, soit je me sous-estime (et je ne crois pas), soit les gens d’ici sont très très très cléments (faux-culs ?!! ^^)

M’enfin, après ça, retour à l’hôtel et échange de carnet avec Luisa, je suis content, elle a aimé ce que je lui ai fait… Oulah, ça peut prêter à confusion ça… Ce que je lui ai dessiné !
On se termine au marché pour grignoter des hamburgers complets pour 5 bolivianos pièce… Mais c’est quoi ce pays où tu te plaques le vide pour même pas un euro ?!!!

Aujourd’hui, réveil à la cool.
Au programme, aller prendre le petit déjeuner – je te le donne en mille – au marché ^^

Pétard, pour le petit déjeuner : une énorme tasse de café et des tartines, le tout pour 5 bolivianos… Non mais sérieux !!!
A notre table, 2 françaises se posent et on commence à discuter, en français et en espagnol.
Olivia Black travaille à Quito en Equateur et est en vacances en Bolivie avec sa mère. Papa est équatorien donc le niveau d’espagnol, autour de la table est juste énorme ^^

Heureusement pour moi, Olivia, sa mère, Luisa y Léo parlent suffisamment lentement pour que je puisse comprendre ^^
Après ça, Olivia et sa mère (j’aurai du lui demander son prénom, c’est chiant de dire « sa mère » tout le temps…!) voulaient voir la peinture de la veille, on fait donc un petit tour ensemble, le temps d’échanger sur les bons spots à faire – et à ne pas faire – en Equateur.

J’ai topé le mail d’Olivia, avec de la chance, on pourra ptet se revoir sur Quito, le temps d’une bière ou pour découvrir les spots de graff. D’après Olivia, en Equateur, ça envoie du lourd ! Hâte de voir ça !

Cet après-midi, on est parti se renseigner, avec mes amis péruviens, sur un petit trail inca qui pouvait être sympa.
On s’est donc rendu au siège d’une agence, pour se rencarder. J’en ai profité pour prendre un plato economico (1/4 de poulet, avec riz et pommes de terre, le tout pour peanuts) et miamer dans le bus, à côté du chauffeur, lol !

C’est Léo qui part se rencarder, légèrement surexcité – le bonhomme est sympa mais légèrement lunatique et il emmerde toujours sa sœur, plus à la cool… – pendant qu’avec Luisa, on s’offre une petite glace au bord de la route ^^

La nana qui vend les glaces est trop drôle, elle hallucine sur le fait que je vienne de France et me donne plein de conseils pour ne pas me faire arnaquer ^^

Pour le trail, ce n’est pas gagné.
Premier hic, Luisa et Léo le font sur 4 jours et je n’en ai que 2. Deuxième hic, si je monte jusqu’au point de départ du trail, je ne pourrai peut être pas redescendre (le mec de l’agence n’est vraiment sûr de rien, ça fait pro, un truc de ouf !)

Bref, au final, c’est mieux pour moi de rester sur Sucre et de partir demain autre part. J’aurai d’autres occasions de trailer.
Je dis au revoir à mes petits amigos et me revoilou sur Sucre jusqu’à demain.

Arrivé à l’hôtel (un truc mieux qu’hier, avec l’eau chaude et le wifi lol), je tombe sur Edgar, un bolivien sympa avec qui je discute et qui m’invite a m’arrêter sur Santa Cruz, apparemment, c’est sympa. Je vais étudier ma carte et j’improviserai demain.

Et il y a quelques minutes, en pleine écriture de ce post, les 2 nanas qui font le ménage ici se pointent dans la piaule. Je suis tout seul et ça a l’air de les émoustiller un brin ^^
Et l’interrogatoire commence : tu viens d’où ? T’as quel âge ? T’es marié ? Comment on dit je t’aime en français ? MDR !!! Un peu fofolles mais sympathiques – je vais quand même fermer la porte à clé cette nuit… ^^