Bolivie – Trip dans l’Altiplano et salar d’Uyuni

Publié le

Ok, bon, ça fait un moment que je n’ai rien posté (ce post va être long…)… et pour cause, je suis actuellement en déplacement (lol, on dirait mon message automatique de boîte mail professionnelle – le truc qui n’a jamais servi… ^^) et pour tout vous dire je suis…

Bien arrivé en Bolivie !

Bon, avant tout, mon dernier jour sur SPA s’est très bien passé ^^
J’avais réservé un tour pour aller voir les geysers.
Réveil à 4h du mat, départ 30 minutes plus tard, laisse tomber comment on se pèle.
On se tape bien 1:30/2 heures de mini-van pour arriver jusqu’en haut.

Sur la route, personne. On n’y voit presque rien, malgré la (quasi) pleine lune. Mais quel kiff de voir les silhouettes des volcans et montagnes alentours, plus noires que le ciel étoilé, découper l’horizon – et alors, la lune qui tape fait ressortir les sommets enneigés, on se croirait dans la piaule d’un gamin de 8 ans, avec les étoiles phosphorescentes sur les murs et le plafond ^^

Arrivé à 4000m, il fait genre -10 dehors, ça gèle ! Tu mets à peine le pied dehors que c’est mort, tu douilles comme quand tu te cognes dans cette putain de table basse à la maison (et d’abord qu’est-ce qu’elle fout toujours sur ton chemin cette c… ?!!!)
Bref, t’as beau être matinal, t’as mal !

Alors tu ne songes même pas à sortir l’appareil photo – huhu cette euphémisme, tu sais que je parle de mon iPod à l’agonie, hein, mais passons… – tu trottines, tu te frottes les cuisses, les mains dans les poches, t’as l’air d’un pervers mais ça réchauffe ^^

On reprend le van, pour changer de spot, mon dieu, tu n’as jamais kiffé autre chose autant que le chauffage du van, c’est presque aussi jouissif que la douche bouillante après un déluge ^^
Felipe, notre sympathique accompagnateur me dit qu’on prend le petit déjeuner au prochain arrêt, tout ce que tu trouves à dire : « vamos a beber cafe caliente, si ? » <—- no comment

Et sur place, le soleil se lève enfin. J’entends par là qu’il sort de derrière les montagnes (le ciel est déjà bleu depuis un moment, mais d’après notre chauffeur – aussi sympathique que Felipe – il fait tout de même -8 !). Et d’un coup, comme çà, l’atmosphère se réchauffe de ouf !!
Et alors, on le savoure de ouf aussi ce café. Tu sais, c’est l’instantané de Nescafé, le truc le plus basique – je me demande d’ailleurs s’il y a vraiment du café là-dedans ^^ – mais tu le kiffes comme si c’était le café fraîchement moulu du gringo (made in Guatemala ou Colombie) !
Et le café providentiel délie les langues – en même temps, en y repensant, je crois qu’on avait tous trop mal pour communiquer autrement que par des levés de sourcils disparaissant sous le bonnet ^^

Tout cela pour dire que je parle en espagnol à une nana, pour lui demander si elle reveut de l’eau chaude (c’te question, avec la température locale, lol)(la rhétorique, tout un art ^^).
Elle me répond qu’elle ne parle pas espagnol, juste portugais, étant brésilienne.
Du coup, on papote 30 secondes en anglais – quel bonheur de pouvoir aligner 3 mots sans avoir à bafouiller ou à avoir honte !
Et puis je me retourne sur 2 nanas très discrètes depuis le début – je me souviens qu’en partant, Felipe leur avait demandé de confirmer qu’elles ne parlaient pas espagnol, je savais donc que j’avais une chance avec l’anglais ^^.

Je fais donc connaissance avec Maureen et Tanya, 2 américaines en vacances, très sympas – et j’imagine aussi contentes que moi de pouvoir discuter avec quelqu’un ^^

Enfin voilà, après ce petit déjeuner, on était tous d’humeur plus joviale, lol, on a finit par tous partager nos voyages, nos anecdotes (notamment sur les vols, arnaques etc.)
J’ai pu avoir pas mal de conseils pour mon séjour au Brésil et avec un peu de chance, je pourrai revoir Daniel sur Rio.

Sur la route du retour, on passe (comme d’hab) devant des paysages de tarés. On croise même des vicuñas (sorte de mix entre un faon et un lama) et des oiseaux aux formes et couleurs bien fun.
On fait même une petite halte dans un village typique, très sympa.
J’en ai profité pour me balader un peu en dehors du village et j’ai déboulé dans une sorte de carrière au bas de laquelle, la rivière s’était tarie et n’avait laissé derrière elle que de longues flaques gelées. Chouette !

De retour sur SPA, j’ai posté mes cartes postales, manger dans un restau ghetto, acheté 2-3 souvenir, changer de la thune pour la Bolivie et je me suis terminé à l’hôtel devant des films.

Le lendemain, donc, je partais pour un trip de 3 jours, 2 nuits, direction Uyuni, en Bolivie.
Le programme avait l’air plutôt sympa, pas trop chargé et pour un tarif raisonnable.
En sortant de l’hôtel, ça caille légèrement, mais cst le temps qui m’inquiète : ciel nuageux à souhait. Ca sentirai presque la pluie, au loin, on n’aperçoit que difficilement les volcans, c’est dire…
Dingue comme, à chaque fois que je quitte une ville ou un pays, il fait toujours un temps de merde, comme un signe du destin (« c’est le bon moment pour partir Romu… »).

Je suis le premier à embarquer dans le van, montent ensuite : une équatorienne, un couple de brésiliens – mais ils sont partout !! (brazilian is the new chinese ^^) – un russe et un couple de je-sais-pas-où.

Première étape, la frontière. On fait tamponner nos passeports à SPA, pour le départ et après quelques minutes de bagnoles, on arrive au « poste frontière » bolivien. Pourquoi les guillemets ? Parce qu’il s’agit d’une sorte de baraque de chantier dans lequel tu restes à peine 3 secondes pour te faire tamponner – tu attends que ton café coule plus longtemps, à la machine à café…!
Le bureau de douane, une autre baraque de chantier, dans laquelle on a posé une table, une chaise et un tampon… M’enfin, pour du rapide, c’est du rapide, le temps de changer de moyen de locomotion (bye bye le van, bonjour le 4×4) et d’échanger quelques mots avec des suisses rencontrés pendant la pause petit déjeuner, on débarque en Bolivie en moins de 2 ^^

Petite précision, j’ai écrit ces lignes juste avant le dîner. On est venu me chercher et je devais finir ce post avant de dodo mais je me suis fait alpaguer par un groupe de français très sympas avec qui j’ai tardé, je vais donc reprendre ce post demain.

Sur le chemin, des montagnes, des plaines, c’est tout aussi sec que SPA, sur ces quelques premiers kilomètres. Et puis soudain, le décor verdit, la route s’aplanit, fini le Chili.
Le ciel se dégage, les ombres des nuages défilent à une vitesse, sur le désert de sable qui nous entoure – faut dire que ça souffle sévère, la poussière s’écrase sur nos vitres avant de glisser le long des portières et de disparaître derrière nous, enfin.

Premier arrêt, un lagon bleu / vert, de ouf ! Le truc est situé en plein milieu de montagnes rouges ocres et de plaines rocheuses grisâtres. La couleur turquoise du lagon ressort d’autant plus que le ciel reste légèrement couvert – par moment, un rayon de soleil vient éclairer le spot, c’est féerique !

On arrive ensuite au refuge, pour poser les sacs et déjeuner.
On est au milieu de nulle part, dans une longue baraque de brique autour de laquelle se baladent des lamas, normal… Et d’un coup, bim, il neige !!! Sa mère, ai-je envié d’ajouter !
On déjeune donc au « chaud » (les fenêtres du refuge sont en partie composées de morceaux de vitre rafistolés au scotch ^^). On mange plutôt bien, sérieux, c’est cool. De toute façon, c’est chaud et c’est tout ce qui compte lol

15h, départ pour le lagon Colorada (ou quelque chose d’approchant) et re-claque !
Le lagon est toujours au milieu des montagnes et, depuis le 4×4, on aperçoit des centaines de flamencos (flamands roses, blancs etc.) en train de squatter le lagon.
Au deuxième coup d’œil, tu constates que le lagon est en fait divisé en 2 parties et qu’il faut se taper une sacrée descente, depuis la route, pour se rendre aux bords des lagons.

Tout le monde descends à droite, t’imagines bien que je descends à gauche ^^
La descente est légèrement éprouvante, tu t’essouffles d’un rien à cette altitude. En bas, il n’y a qu’une nana qui prend des photos et moi. Pas un bruit, si ce n’est le vent et quelques cris de flamencos. Très chouette moment qui s’est terminé de la meilleure des manières, avec la neige qui tombe ! Sérieux, je suis en Bolivie depuis moins de 5 heures et je suis déjà K.O tellement c’est impressionnant, beau, surprenant.

On rentre au refuge sur les coups de 17h, où une collation (café et crackers) nous attend.
Après ça, on a rien d’autre à faire qu’attendre de dîner, j’en profite donc pour dessiner.
Le dîner est servi vers 19h, soupe et spaghettis à la bolognaise avec une coupe d’ananas pour le dessert, impeccable.
Le lendemain, le départ est à 7:30, il faut mettre le réveil et se coucher tôt, en même temps on est un peu morts, tous au pieu à 20h lol

La nuit, bof bof, j’ai eu beaucoup de mal à trouver une respiration normale.
C’est barge, rien qu’en me tournant d’un côté à l’autre, j’étais essoufflé. Je ne me souviens pas avoir ressenti cela au Népal, mais bon, pendant le trek j’étais vraiment K.O le soir ^^

Au petit matin, on scotche tous devant le petit déjeuner. Ca pèle sévère dans la salle à manger (qui est en fait le couloir de la maison, donnant sur les chambres) le café chaud est le bienvenu, mais on a tous la tête dans le fion. On a tous eu le même problème de respiration, les plus chanceux ont dormi une heure…

Une demi-heure plus tard, on décolle pour l’Altiplano bolivien pour voir les lagons.
Il fait aussi beau que froid, c’est à dire mucho et il vente toujours un peu. Mais ce soleil, whaou, on en prend plein la gueule.

On s’arrête sur un spot touristique avant d’enchaîner les lagons : l’Arbol de machin truc.
Il s’agit d’un jardin de roches volcanique en plein désert, dont la pièce principale ressemble à un arbre. Bof ! Très bof ! J’ai à peine prit une toph et je me suis barré au loin, en haut d’une dune. De là, j’avais un panorama superbe. 360 degrés de montagnes de toutes les couleurs et un ciel bleu de malade, sans nuages ! Et du vent aussi, plus qu’au bas de la dune j’imagine, mais bon, ça valait le coup.

On est les premiers partis du spot, on arrive donc les premiers au lagon numéro 1 (il doit avoir un nom, hein, mais je ne m’en rappelle plus ^^).
Pfiouu, Johnny, notre sympathique chauffeur, s’arrête en haut d’une côte, pour nous laisser descendre vers le lagon à pieds et le rejoindre plus bas.
Laisse tomber la vue ! Le lagon est énorme et reflète le ciel bleu azur ainsi que les montagnes alentours. Le lac est entouré de dunes de graviers et rochers gris, jonchées de mini arbustes et touffes d’herbe dorée ; et tout au bord du lagon on peut voir une petite couche de glace, c’est chouette.

Et on est seuls ! Tout seuls !! C’est juste fou cette impression d’intimité, de calme et de… Ah non, c’est finit. Voilà que débarquent 3 4×4 blindés qui lâchent sur le lagons une dizaine de touristes bruyants. C’est le moment de décamper ^^

Le second lagon est sympathique, sans plus. Quelques flamencos y squattent également, c’est toujours sympa de voir ça.
Mais c’est sur le chemin du volcan qu’on a pu voir un bon aperçu de la faune et flore locale.
La route est vraiment difficile par contre, tu comprends l’intérêt du 4×4 très vite. On est secoués de partout, c’est même légèrement dangereux à mon goût ^^

On croise des guanacos, des vicuñas, des ânes et à un moment, sur un plateau désertique, un renard sprinte en direction de la bagnole et nous accompagne sur quelques dizaines de mètres, trop fort !
Arrivés dans le canyon, juste en face du volcan (mais loin, hein, on l’aperçoit seulement entre les rochers), on se faufile entre les parois rocheuses rouges sur les quelle pousse un arbuste local appelé Llareta (on dirait des boules de mousse verte de toutes tailles/formes).

En sortant de là, on arrive à distinguer des vizcacha (gros lapins aux yeux bridés avec une longue queue). L’animal a un pelage couleur or et gris qui se confond très bien avec la paja brava (touffe d’herbe dorée qui pousse dans le désert, au milieu des rochers ou du sable). On a mis un moment pour les voir, mais on est arrivé à en prendre 3 en toph ^^

Sur le chemin du second refuge, on a même croisé des sortes d’autruches, en train de se palucher dans la pampa… ‪#‎WTF‬
Avant d’aller se poser on s’arrête au milieu d’un salar situé à la frontière Chili-Bolivie. Pas terrible, mais original.
Le second refuge est plus cozy que le premier. C’est bien mieux isolé, ce qui n’est pas un luxe, croyez moi. Au sol, du sable, sympa pour l’ambiance. On a un peu de temps avant le goûter, du coup, avec Gabriella et Miroslav, on va faire un tour dans ce que je qualifierai de ville fantôme. Pétard que c’est glauque ici… Je ne me vois pas vivre ici. C’est au milieu de nulle part et, mis à part 2-3 cactus géant, y’a pas grand chose à voir… Bref, on enchaine avec une petite collation au refuge et en attendant de dîner, je rédige mon rapport habituel.

Au dîner excellent qu’on a arrosé avec une petite bouteille de vin bien sympathique ma foi. Après manger, Miroslav me tope pour me dire que dehors, c’est l’hallu.
Et c’est vraiment l’hallu : on est tellement au milieu de nulle part qu’il fait nuit noire. Du coup, on peut voir un nombre d’étoiles hallucinant. Et d’un coup, tes yeux s’habituant à l’obscurité, tu distingue légèrement une traînée de poussière d’étoiles : la voie lactée !!! Mais c’est pas lhallu ça ?!!!

Voilà, c’est ici que j’ai rencontrés les français. On est donc demain et je reprends la rédaction de ce post.

Ce matin, donc, départ très tôt (4:30) avec pour objectif de se rendre au salar d’Uyuni pour voir le soleil se lever. Ca roupille légèrement dans le 4×4, lol, avec Gabriella on doit être les deux à apprécier le changement de teinte du ciel, sur notre droite.

Arrivés au salar, la route se transforme en une piste blanche et lisse, le 4×4 glisse tout seul sur cette immense patinoire de sel. C’est lunaire. Y’a pas d’autre mot, la lumière de la lune se reflète sur tout le spot et autour de nous se dessinent des montagnes de toutes tailles. On est au milieu d’une arène galactique, d’une piste d’atterrissage pour OVNIs (Fox Mulder, sors de ce corps ! ^^).

Et à l’est, ça commence à sentir la chicorée, un dégradé magnifique de violet, rouge, orange et jaune balaie le ciel derrière les montagnes. C’est très très beau, mec, t’as pas idée. On dirait qu’il y a un incendie, au loin et que les montagnes sont enflammées. D’autant que de légers nuages flottent au-dessus de tout ça, comme la fumée du brasier.

Johnny s’arrête pour qu’on puisse prendre des tophs du début à la fin.
Ça caille sec – je me répète, mais c’est toujours aussi violent ! – aussi est-il de bon ton de faire quelques pas dans le salar pour se réchauffer.
Je pars tellement loin qu’en me retournant, je vois à peine la voiture lol

C’est très calme ici. Pas un bruit. Et personne, pétard, personne ! On aperçoit quelques 4×4 qui passent et s’évanouissent au loin, mais rien de plus. Moi qui m’attendais à ce que ce spot soit blindé… On a l’impression d’être seuls au monde ici, si je peux, je vous mets les vidéos que j’ai fait.

Une fois le soleil levé, on se dirige vers l’île au cactus, située en plein milieu du salar.
Ça ne nous intéresse mais alors pas du tout, du coup on se retrouve tous à faire le tour de l’île pour profiter du salar. Par endroit, des cavités permettent de voir que le salar est composé de couches de sel d’une épaisseur totale de 7cm et d’eau. On se croirait sur la banquise, tu sais, avec des trous fais par les eskimos pour pêcher ^^

Après ca, on a fait une dernier pause sur la salar, le temps de faire des photos fun avec le groupe – nos amis brésiliens avaient des idées plein la tête, on est resté plus d’une heure pour tout faire lol – tu sais les photos trompe-l’œil, avec quelqu’un qui se met au fond et quelqu’un d’autre au premier plan. Je demanderai à Nicole et Augusto de m’envoyer tout ça.

Pause déjeuner dans un village, on s’est régalé !
Balade digestive, le temps d’halluciner sur un phénomène d’optique très cool.
A l’horizon. On peut distinguer des montagnes qui semblent flotter sur l’eau, sauf qu’il n’y a pas de lac ou autre. C’est en fait le désert de sel, cristallin et humide qui reflète le décor. C’est stupide, tellement l’explication scientifique est simple (merci Michel Chevalet), mais ça a tout de même quelque chose de magique, à première vue !

On termine cette journée au cimetière de trains d’Uyuni. Pas grand chose à en dire…
Et puis c’est l’heure des adieux. Mes compagnons de route repartent pour SPA demain et vont donc passer une nuit de plus en refuge, sur la route du sud.
Moi, je reste une nuit sur Uyuni, en espérant qu’elle soit bonne (pourvu qu’elle soit douce, à la Mylène Farmer ^^) et je tope un bus pour Potosi demain.

C’est qu’il serait ptet temps de planifier mon séjour ici… ^^

Photos