Thailande – Derniers jours à Chiang Mai

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Khop Chai Bye Bye (merci et au revoir)

Fini le Laos. Après 2 semaines de voyage, un nombre incalculable de kilomètres, des heures passées dans des bus inconfortables et surtout des rencontres, des tas de rencontres, c’est l’heure du bilan.

Je dois dire que la première image du Laos fut plutôt négative.
Pour rappel, le poste frontière entre le Cambodge et le Laos était l’occasion, pour moi comme tant d’autres, d’apprécier la corruption locale…

Après cette petite mésaventure, qui nous a cependant permis de rencontrer des gens, je dois dire que mon parcours fut juste comme je l’attendais : du bonheur en barre !

Je n’avais fait aucune recherche sur le Laos, ni photos, ni vidéos, ni témoignages, je n’ai rien vu, rien lu, rien entendu avant de partir.
Je ne sais d’ailleurs pas que j’y séjournerai. J’hésitais encore avec le Vietnam quelques semaines plus tôt.

Déçu par le Cambodge, que je pensais plus sauvage, je n’ai pas été déçu par le Laos !
Du sud au nord, de Don Det à Luang Namtha, en passant par Pakse, Vientiane, Vang Vieng et Luang Prabang, j’ai pu voir les paysages changer, de formes et de couleurs.

Derrière le rideau de poussière, c’est Rolland Garros, c’est Wimbledon. Des paysages rouges et vert magnifiques, des rizières sèches divisées en parcelles et séparées par des gouttières blanches.

Niveau architecture, on abuse pas du béton, beaucoup d’habitations en bois ou en bambou, aux toits en feuilles de bananier ou de palmier.
Le décor : des montagnes. Jamais très hautes, la première couche laisse deviner la seconde et ainsi de suite, jusqu’à l’horizon. C’est chouette. Le ciel est bleu, presque sans nuage la journée, on est loin de la grisaille éblouissante de la Thaïlande, qui essouffle et fait suer.

Les villages ici sont majoritairement composés de cases rudimentaires, devant lesquelles on retrouve des fontaines collectives, où tout le monde se lave, sans pudeur. C’est légèrement le tiers monde, c’est fascinant, beau et choquant à la fois.

Les gamins sont partout, mignons, drôles, souriants, sales et poussiéreux.
Souriants et curieux. Pas encore blazé par le touriste, j’ai envie de dire. Et pourtant, dans certains spots, c’est le Cambodge, certains ont déjà compris les ficelles de la mendicité. Et ça marche, toujours, les gens paient pour un moment de complicité, une photo ou pour déculpabiliser.

J’ai rien lâché, pas mon style, si ce n’est un paquet de crackers une fois. J’étais sûrement plus content de le donner, que ces gamines de le recevoir, on se refait pas.

Et derrière toute cette aventure, qui commence à durer, à me peser, physiquement et moralement, il y a eu des gens.
Des gens cools, formidables avec qui j’ai eu plaisir à discuter, partager.

A commencer par Sam – ça doit commencer à vous dire quelque chose lol – cet américain à l’air si sérieux. Ce mec est une perle, un type cool et avenant.

Le voyage, ça use. Tu dois programmer plein de trucs, penser à plein de choses à la fois, gérer du temps, de l’argent et esquiver des arnaques, des vols et ménager ta parano.
Ce qui manque le plus – au delà de la bouffe et des Mystères de L’amour ^^ – c’est les potes, la famille. Pas juste pour le fun, mais pour une chose toute bête que tu prends vite pour acquis : la confiance.

C’est con mais, à l’étranger, tu t’aperçois très vite que tu ne peux faire confiance à personne.
Ni dans le dortoir, ni dans le bus, pas même à l’agence de voyage ou certaines guesthouses.
T’es tout seul. Tu dois te trimballer ton sac – celui avec les minimum vital – partout !

Alors tu rencontres des gens. Des touristes, des backpackers, ou de simples voyageurs comme toi. Mais peux-tu leur faire confiance ? Pas pour les 2-3 jours que tu passeras avec eux…

Et pourtant, parfois, tout roule. Genre avec Sam. Le mec rassure, conseille, sans jamais imposer, il parle peu, écoute beaucoup – et tu sais que j’adore m’entendre parler… – et la confiance règne très vite.

C’est important de savoir que tu peux te fier à quelqu’un, même pour des trucs tout cons, comme lui laisser ton sac pour aller pisser. Ou partager une addition au resto, s’avancer du fric à droite à gauche, sans avoir à relancer ou à se faire relancer. Pour partager une chambre aussi. Ou un lit. Avec Sam, le jour même où on a fait connaissance, on a partagé un pieu.
Sans qu’il n’y ait de gêne ou de crainte. A la cool.

Pendant ces 2 dernières semaines, Sam, c’était mon Thomas. Le type sur qui je peux compter et qui peut compter sur moi.
Alors autant te dire que j’étais très content de la revoir tout au long de mon itinéraire au Laos – et je pense que ça s’est vu dans mes récits lol

Et je n’oublie pas les autres, les Paulins et Papa à Don Det, Sébastien à Pakse, Rudy et Max à Vientiane, ainsi que Phil et sa femme. Patrick à Vang Vieng, Edith à Luang Prabang, Alex, Antoine et Illyas à Luang Namtha.

Plus besoin de rentrer dans les détails, j’ai l’impression d’avoir déjà bien détaillé mes journées avec eux, mais je voulais vous dire que c’est un peu vous que je vois dans ces gens là. Une sorte de transfert, de substitut, ma dose de bonne humeur, celle qui me permet de tenir, d’aller plus loin – a défaut d’aller plus haut, à la Tina Arena.

Alors le Laos au final, comment vous en parler objectivement…? Impossible. Mon aventure ici est tellement liée à toutes ces personnes. Tant bien même le décor est magique, je réalise que le coucher de soleil à Luang Prabang aurait été moins beau sans elle, le bateau entre les 4000 îles moins chouette sans eux, le trajet en bus jusqu’à Pakse plus long sans lui, le trek à Luang Namtha moins riche – et bien plus cher lol – sans tous ces gens…

J’ai quitté Sam aujourd’hui. Il rentre aux États Unis. Je l’envie au fond de moi. Il retrouvera bientôt sa routine, ses amis, son job, avec la sensation d’avoir accompli quelque chose de fou – parce terminé.

Mon aventure continue cependant. J’espère pouvoir rencontrer des gens aussi sympas sur le chemin qui me sépare de vous. Il me reste tant à voir, je n’arrive pas encore à réaliser ce que j’ai fait et encore moins ce qu’il me reste à faire. Mais je m’accroche, promis.

J’espère que vous allez bien. Vos vies continuent forcément, j’espère que tout se passe bien pour vous, que vos projets avancent et que vos familles vont bien aussi.
Mes projets à moi avancent aussi. Je vous en parlerai en temps utiles.